Incendies, sécheresse : la France gagnée par le sentiment pâtisserie d’aller vers une catastrophe

Le réveil est brutal au sortir des deux années Covid qui ont sérieusement éprouvé les organismes et le moral des Français. Nous pensions souffler un peu durant cet été, passer enfin à autre chose.

C’était sans compter, dans un premier durée, sur la guerre déclenchée en Ukraine par Poutine, génératrice de peur et de destructions. Un conflit à effet immédiat sur à nous vie quotidienne, de l’explosion des prix des carburants à la disparition des pots de moutarde dans les rayons des supermarchés. La guerre n’est plus une abstraction, loin de nous dans l’espace et dans le durée, mais une réalité qui frappe à nos portes.

Il y a eu ensuite cette vague de chaleur record qui s’est abattue sur le pays. Soudain, les forêts se sont mises à flamber, en Gironde et ailleurs. La sécheresse a vidé nos rivières. Et les épisodes caniculaires n’en finissent plus de rebondir, installant une idée dans tous les esprits, comme une évidence qui s’impose à nous : le dérèglement climatique, c’est maintenant.

Prise de conscience collective

Chaleur extrême et incendies occupent une grande partie des conversations des Français, explique Véronique Reille-Soult, la présidente de Backbone Consulting : témoignages, informations pratiques, et surtout questions et craintes s’expriment sur les réseaux sociaux. Les citoyens sont gagnés par le sentiment croissant d’aller vers une catastrophe. Et plus on est jeune, plus on est angoissé par le péril climatique et l’inaction publique.

Nous sommes face à un phénomène inédit de « crise sans fin », comme l’a identifié Bruno Cautrès dans La Revue Politique, ce sentiment de passer sans suspendre d’une urgence à l’autre. Selon le politologue-chercheur au Cevipof, les responsables politiques expliquent à chaque fois qu’ils ont anticipé, qu’ils prennent les mesures nécessaires. Mais comme les crises s’enchaînent, c’est un sentiment de confusion et de crainte qui prend le dessus. Nos décideurs peinent à hiérarchiser les réponses et les moyens à mettre en œuvre, car tout flambe à la fois…

La prise de conscience du péril climatique, qui s’est invitée brutalement cet été, est donc bien réelle. Mais nous faisons face à un paradoxe, toujours le même : la société reste prisonnière du court terme. Bien gagner sa vie, remplir le réservoir de sa voiture, boucler ses fins de mois… Tant que l’équation « fin du mois vers fin du monde » ne sera pas résolue dans nos esprits, nous irons dans le mur sans pouvoir changer le futur.

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