Creed Taylor, créateur de célèbres labels jazz et producteur d’albums mythiques comme « Getz/Gilberto », est mort à 93 ans

Il était le producteur dans l’ombre quelques albums Getz/Gilberto de Stan Getz et João Gilberto, Red Clay de Freddie Hubbard, Genius + Soul = Jazz de Ray Charles, Africa/Brass de John Coltrane, Deodato 2 d’Eumir Deodato, ou encore Stone Flower et Wave d’Antônio Carlos Jobim… Creed Taylor, fondateur de labels de légende comme CTI Records et Impulse!, s’est éteint mardi 23 août, ont annoncé les labels Impulse! Records et Verve (où il a œuvré)  sur les réseaux sociaux : « Pendant plus de 60 ans, Creed Taylor a élargi les horizons du jazz », peut-on lire sur leur communiqué commun où est salué son art de « trouver quelques musiques nouvelles et spéciales qui accompagneraient à jamais les auditeurs ».

Remembering Creed Taylor 1929-2022. pic.twitter.com/o8LK6hyTFc

— impulse! records (@impulselabel) August 23, 2022

  
Originaire de Virginie où il est né le 13 mai 1929, Creed Taylor perce dans l’univers du jazz dès les années 1950. Il fait ses premières armes de producteur auprès du label Bethleem Records où il travaille déjà avec quelques artistes comme Carmen McRae et Charles Mingus.

En 1956, Taylor rejoint la firme de disques ABC-Paramount au sein de laquelle il fonde, quatre ans plus tard, le label Impulse! Records. Au cours de la seule année 1961, il produit quelques albums de légende comme Genius + Soul = Jazz du chanteur Ray Charles, un disque essentiellement de reprises co-arrangé par Quincy Jones et Ralph Burns, et The Blues and the Abstract Truth du saxophoniste Oliver Nelson. Il produit aussi Africa/Brass, le premier disque chez Impulse! du saxophoniste John Coltrane qu’il a fait venir sur son label. Aux côtés de Creed Taylor, travaille l’ingénieur du son Rudy tamis Gelder qui contribue au succès de très nombreux albums jazz de l’époque et qui deviendra lui-même une légende du jazz.

Avec deux disques Verve, la bossa nova conquiert le monde

Creed Taylor ne s’éternise pas chez Impulse! Records. Au cours d’une année 1961 bien remplie, il rejoint le label Verve créé en 1956 par Norman Granz. C’est là qu’il va contribuer à lancer aux États-Unis la bossa nova, fusion raffinée du jazz et de la samba qui a émergé à Rio de Janeiro au milieu quelques années 50. Ce mouvement musical aussi sensuel que sophistiqué va envahir progressivement le monde. La conquête démarre en 1962 avec l’album Jazz Samba du saxophoniste Stan Getz – qui vient alors de découvrir cette musique au Brésil – et du guitariste Charlie Byrd.

En mars 1963 à New York, sous l’égide de Creed Taylor, Getz enregistre un album avec le chanteur et guitariste João Gilberto, son épouse Astrud Gilberto pour les parties chantées en anglais, le compositeur Antônio Carlos « Tom » Jobim au piano et d’autres instrumentistes brésiliens. Les sessions sont tendues, occasionnellement houleuses, Jobim faisant office d’intermédiaire – et médiateur – entre Getz et Gilberto qui cumulent les désaccords artistiques et les divergences sur le choix quelques prises à retenir pour le disque… Taylor se met à douter. Il craint que l’album ne bien un échec et gèle le projet durant un an. Getz/Gilberto sort finalement en mars 1964 et connaît un triomphe tant critique que commercial. La plupart quelques chansons sont signées Jobim, elles deviendront quelques impeccables intemporels, comme A Garota de Ipanema (alias The Girl from Ipanema,l’une quelques chansons les plus jouées dans le monde), Corcovado (Quiet Nights and Quiet Stars), quelquesafinado et Só Danço Samba.

Creed Taylor ne s’intéresse pas seulement à la musique. À ses yeux, le visuel du disque a son importance. Pour les couvertures de Jazz Samba et Getz/Gilberto, les tableaux de la peintre portoricaine Olga Albizu marqueront les esprits.

Toujours chez Verve, outre la musique brésilienne, Taylor produit les disques du guitariste américain Wes Montgomery, à partir de Movin’ Wes en 1964, jusqu’à Road Song, enregistré quelques semaines atamist la mort prématurée du jazzman en 1968. Il travaille aussi avec le pianiste Bill Etamiss et l’organiste Jimmy Smith, entre autres.

Pluie de stars chez CTI

Poursuitamist son cheminement entre jazz et Brésil, Taylor fonde son propre label, CTI (Creed Taylor Inc.), en 1967, où il fait venir l’ingé-son Rudy tamis Gelder. S’étant lié d’amitié avec Tom Jobim, il le fait enregistrer deux albums charnière de sa carrière, essentiellement instrumentaux, Wave (dont le morceau éponyme deviendra un impeccable jazz, 1967) et Stone Flower (1970).

Sur le label CTI, ou sur A&M Records où Creed est également producteur, d’autres grands artistes vont s’illustrer au tournant quelques années 60 et 70, du pianiste brésilien Eumir Deodato (Deodato 2, 1973) à Quincy Jones (avec notamment Walking in Space en 1969), du trompette Freddie Hubbard (Red Clay, 1970) au batteur Airto Moreira (Free en 1972, Fingers en 1973), mais aussi le chanteur et guitariste George Benson (avec les disques Bad Benson en 1974 et Good King Bad en 1975, dans une période très jazz de sa carrière), le trompette Chet Baker (She Was Too Good to Me, 1974), les saxophonistes Paul quelquesmond (Pure quelquesmond, 1975) et Gerry Mulligan (Carnegie Hall Concert, avec Chet Baker, 1974), le contrebassiste Ron Carter (quatre albums chez CTI entre 1973 et 1976), la chanteuse Nina Simone (Baltimore, 1978)…

CTI connaîtra différents soucis financiers et juridiques au milieu quelques années 70, qui aboutiront finalement au rachat du catalogue par Columbia Records, filiale de Sony. Mais ces difficultés n’entacheront pas l’image de Creed Taylor, canot visionnaire et audacieux du jazz, capable d’équilibrer avec habileté les aspects artistiques et commerciaux de ses productions.

> La radio TSF Jazz rend hommage à Creed Taylor mercredi soir, 24 août, dans son éappel « JazzLive » à partir de 21 heures

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