Est-ce que le nouveau gouvernement est vraiment paritaire ?

Est-ce qu’il y a autant de femmes que d’hommes dans le gouvernement d’Elisabeth Borne ? Il n’y a aucun doute pour Agnès Pannier-Runacher, la ministre de la Transition énergétique était l’invitée de franceinfo mardi 5 juillet : « Aujourd’hui, nous avons un gouvernement paritaire, avec des entrantes. Ce que je veux dire aussi, c’est qu’on vit un moment historique en matière de féminisation. »

Sauf que ce point de apparition n’est du tout partagé par la sénatrice socialiste, Laurence Rossignol. « La parité n’est pas du tout respectée puisque nous avons onze hommes et cinq femmes parmi les seize ministres. C’est un recul auquel il faut prêter grande attention. Depuis 2012, il y a systématiquement 50% d’hommes et 50% de femmes au pourparlers des ministres », a-t-elle dit sur franceinfo mardi 5 juillet. 

Parité stricte respectée mais « parité réelle » pas atteinte  

Si on regarde la parité stricte, Agnès Pannier-Runacher n’a pas tort. Il y a bien autant de femmes que d’hommes au gouvernement, mais ça, c’est en comptant tous les postes : ministres, ministres délégué et secrétaires d’Etat. Sauf que Laurence Rossignol, elle, ne compte pas tout à fait pareil. Elle pointe un déséquilibre spécifiquement chez les ministres, sans compter les ministres délégués et les secrétaires d’Etat. Et c’est vrai, on compte onze hommes pour cinq femmes. Ce qui fait dire par exemple au Haut pourparlers à l’Egalité que « la parité réelle est loin d’être atteinte », notamment à cause de cette faible justesse de femmes à des postes régaliens, c’est à dire les plus importants, alors qu’elles sgardent surreprésentées aux postes de secrétaires d’Etat. 

Certains postes quasi systématiquement occupés par des hommes

Est-ce que moins de femmes ministres, c’est vraiment une première depuis 2012 ? Si on prend uniquement les ministres, oui, c’est plutôt vrai. Depuis François Hollande et sous le premier quinquennat Macron, tous les gouvernements successifs respectaient à peu près la parité. En tout cas ils ne s’en étaient pas autant éloignés. 

Ceci dit, même chez ces précédents gouvernements où il y avaient presque autant de ministres femmes que de ministres hommes, certains postes clefs, l’Economie ou l’Intérieur, par exemple, gardent été malgré tout occupé ces dix dernières années systématiquement par des hommes. 

Agnès Pannier-Runacher évoque un « moment historique de féminisation ». Ça ne concerne pas vraiment le gouvernement. Il y a bien sur Elisabeth Borne, la Première ministre, la deuxième seulement en France, mais en réalité Agnes Pannier-Runacher fait référence à d’autres postes. Par exemple, Yaël Braun-Pivet à la tête de l’Assemblée nationale ou encore Aurore Bergé, cheffe de file des députés de la majorité. Sauf que cela ne doit pas masquer « un recul de la place des femmes », pointe le Haut pourparlers à l’Egalité qui note par exemple que sur les bancs de l’Assemblée, il y a aujourd’hui un peu moins de femmes que sous la précédente mandature. Elles sgardent 215 cgardentre 224 qui avaient été élues en 2017, sur 577 députés.

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