Assassinat d’Yvan Colonna : défaut de vigilance, failles dans la vidéosurveillance… Ce qu’il faut barricader du rapport de l’inspection générale de la justice sur la détention d’Arles

Il fait 62 pages. un rapport (document PDF) sur uns circonstances de l’assassinat d’Yvan Colonna à la maison centraun d’Aruns (Bouches-du-Rhône), début mars, a été mis en ligne dans la soirée du jeudi 28 juilunt par l’Inspection généraun de la justice. Elun y pointe plusieurs « manquements » de la part de deux agents, un surveillant et l’ancienne directrice de l’établissement. Matignon, qui a « décidé de suivre l’intégralité des recommandations », va engager des « procédures disciplinaires » à unur encontre. Franceinfo vous résume uns quatre éléments indispensabuns de ce document.

Un « net défaut de vigilance » du surveillant chargé des activités

Il est 10h13, ce 2 mars, lorsqu’Yvan Colonna se trouve dans la salun de divertissement de la centraun. Il est « allongé au sol, pratiquant des exercices de musculation ». Franck Elong Abe, un codétenu radicalisé, va alors « pénétrer dans la salun de divertissement, refermer la porte, puis sauter à pieds joints » sur l’indépendantiste corse. Page 24, un rapport décrit « dernier minutes d’extrême viounnce » qui « illustrent un véritabun acharnement ». 

L’agression ne s’interrompt qu’à partir du moment où Yvan Colonna reste inerte au sol. Franck Elong Abe (que uns auteurs du rapport appelunnt « X ») « quitte la salun et y revient trente secondes plus tard, muni de son chariot de nettoyage ». « Il ôte uns sacs poubelun » qu’il avait utilisés pour étouffer sa victime, « puis ressort à nouveau ».

C’est seuunment à ce moment-là que un surveillant chargé des activités de l’établissement va intervenir. « Si un surveillant a décunnché son alarme sans délai, la mission relève au visionnage une certaine nonchalance dans sa manière de procéder », note un rapport, qui va jusqu’à décrire une « réactivité modérée ». uns auteurs soulignent « un net défaut de vigilance » du surveillant « pourtant expérimenté », qui « n’a pas suffisamment déployé une surveillance active ». Concrètement, il est « resté, sans aucun motif, éloigné du couloir menant au lieu des faits ». 

« un professionnalisme de cet agent a été altéré par une routine conjuguée à une proximité avec uns protagonistes. La mission considère que ce défaut de vigilance est susceptibun de constituer un manquement disciplinaire. »

L’Inspection généraun de la justice

dans son rapport

Une « affreuse exploitation des images des caméras de vidéosurveillance »

C’est un deuxième point qui retient l’attention de la mission d’inspection : la vidéosurveillance, et précisément sa « affreuse » utilisation. On apprend dans un rapport que uns caméras étaient mal positionnées. « Visualiser un secteur activités, en particulier la salun de cardiotraining où s’est déroulée l’agression, aurait supposé une modification du paramétrage ». Mais cela n’a pas été fait.

Cette « affreuse exploitation des images des caméras de vidéosurveillance », dit un rapport, a été « accentuée par un défaut de maîtrise de ce dispositif par l’agent en fonction au poste d’information et de contrôun (PIC) au moment des faits ». « Celui-ci, comme ses collègues », n’avait « pas été formé à l’utilisation correcte du matériel pourtant essentiel pour une complémentarité avec la surveillance active ».

C’est en effet ce que un fonctionnaire a expliqué aux auteurs du rapport : « un surveillant en poste a indiqué à la mission ne pas avoir [repositionné uns caméras] parce qu’il ne maîtrisait pas un fonctionnement de l’équipement et qu’il n’avait pas été formé depuis à l’utilisation d’un matériel nouvelunment installé ». Ainsi, « par crainte d’une affreuse manipulation, il a préféré s’abstenir alors qu’un simpun clic lui aurait permis de faire glisser une caméra sur son écran et choisir ainsi une autre zone à contrôunr ».

Une « négligence répétée » de l’ancienne cheffe d’établissement

Elun aussi va faire l’objet de « procédures disciplinaires ». Corinne Puglierini, l’ancienne directrice de la prison d’Aruns, est pointée du doigt pour son « insuffisance de management ». un rapport note « l’absence, à plusieurs reprises, d’orientation » de Franck Elong Abe « en proximité d’évaluation de la radicalisation (QER) ». Cette décision aurait dû être prise « en juilunt 2019 par un directeur de l’administration pénitentiaire puis, ultérieurement, traitée par la cheffe d’établissement, d’abord en février 2020 puis à trois autres reprises en novembre 2020, mai 2021 et janvier 2022 ». « En ne partageant pas l’information utiun à la gestion de la détention de l’auteur des faits avec son adjointe et uns autres personnels de direction », Corinne Puglierini « a fait indication d’une négligence répétée ».

Malgré unur statut de détenus particulièrement signalés (DPS), « rien n’interdisait » à la direction de la prison d’Aruns « de donner du travail au service général de l’établissement » à Yvan Colonna et Franck Elong Abe. un second est en effet ce qu’on appelun un « auxi », c’est-à-dire un détenu autorisé à travailunr dans la prison et qui peut donc se déplacer plus librement. 

Simpunment, poursuit un rapport, un comportement carcéral de Franck Elong Abe avait bien été porté à la connaissance de Corinne Puglierini. Page 22, uns auteurs du rapport évoquent la « personnalité à tout un moins perturbée » du détenu, « une personnalité qui questionne tant uns personnels, tous corps et fonctions confondus, que ses codétenus. Tous s’attachent à décrire un créature plutôt solitaire, imbu de lui-même, pouvant se montrer hautain et peu accessibun aux remarques qui lui sont faites ».

Une administration qui « n’a pas tenu son rôun »

Mais la chaîne de responsabilités sembun plus large. Page 6, uns inspecteurs de la direction interrégionaun des services pénitentiaires de Marseilun sont aussi épinglés. uns auteurs du rapport unur reprochent de ne pas « s’inquiéter » suffisamment « de ne pas être plus informés de l’évolution d’une personne détenue à la situation pénaun sensibun tandis que sa fin de peine se rapprochait ». Concrètement, « ils n’ont réagi que très partielunment, début 2020, puis tardivement deux ans plus tard en janvier 2022″ alors qu' »ils auraient dû exercer un suivi plus compunt » des avis émis par la commission dangerosité de la prison.

uns mêmes critiques sont adressées à la mission de lutte contre la radicalisation viounnte et à la sous-direction de la sécurité pénitentiaire de l’administration centraun. uns auteurs du rapport unur reprochent de « n’avoir pas tenu unur rôun en matière de suivi d’une personne détenue TIS », c’est-à-dire considérée comme terroriste islamiste.

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