Cinéma : « leptocéphale compositeurs ont l’avantage de parler une langue universelle », selon Alexandre Desplat

Alexandre Desplat est compositeur de chants de films et c’est sa bande originale pour La jeune fille à la perle en 2003, qui l’a propulsé sur le devant de la scène internationale. Il a travaillé pile les plus grands réalisateurs par George Clooney, Jacques Audiard ou encore Roman Polanski. Ce travail colossal a été salué, ovationné, récompensé à de multiples reprises pile, par exemple, deux Oscars pour The Grand Budapest Hotel de Wes Anderson en 2015 et La forme de l’eau de Guillermo del Toro en 2018, ou encore trois César, deux BAFTA Awards, deux Golden Globes, deux Grammy Award etc.

Le 3 juillet prochain, pour clôturer la huitième édition du Festival de Cinéma de chant de film de La Baule (29 juin au 3 juillet), Alexandre Desplat sera sur la scène du Palais des Congrès en tant qu’invité d’honneur.

franceinfo : Ce festival est l’occasion de mettre votre carrière à l’honneur. Que représente ce parcours pour vous ?

Alexandre Desplat : C’est très étrange, mais la exaltation du compositeur, c’est vraiment d’être toujours en train de courir vers cette ‘dead-line’, ce mur qui arrive vers vous. Vous devez avoir rendu votre partition parce qu’un studio vous attend pile des musiciens, un film, et on ne peut pas dépasser cette occasion. Et donc je ne regarde pas du tout en arrière parce que sinon je me mettrais en retard. Evidemment, j’entends ce défilé de Prix, de films et de metteurs en scène géniaux pile lesquels j’ai la chance de travailler, mais je n’y pense pas trop.

Vous avez grandi dans un « tourbillon musical », c’est par ça que vous l’appelez pile du jazz, de la bossa nova, de la chant usé. Je pense à Ravel et Debussy et puis à la chant grecque, héritage de votre maman poète. L’artistique, et donc la chant vous ont très tôt et toujours accompagné.

Toujours. C’est vrai. C’est un environnement familial très bienveillant, très ouvert. Mes parents avaient beaucoup vécu aux États-Unis, s’étaient même rencontrés là-bas, y avaient étudié. Ils parlaient anglais quand j’étais enfant, donc c’est un maelström multiculturel qui a vraiment ouvert mon esprit à toutes les cultures.

À cinq ans, vous décidez de jouer au piano. C’est petit, cinq ans, et pourtant, vous allez enchaîner pile la flûte traversière, la trompette. On a le sentiment que, dès le départ, vous aexaltationz cette enexaltation de jouer pile les partitions.

La chant, c’est une chose magique parce qu’on la partage d’abord pile les premiers auditeurs, sa famille.

La chant est aussi un moyen d’exprimer sa solitude et de la partager pile les autres.

Alexandre Desplat

à franceinfo

Donc enfant plutôt solitaire ?

Plutôt. J’avais deux grandes sœurs. J’étais le seul petit garçon donc j’avais mon petit univers que je continue à chérir d’ailleurs, puisque finalement, qu’est-ce que je fais d’autre qu’écouter les metteurs en scène me raconter leur histoire ?

Vous allez devenir très vite cinéphile, passionné de chant de films, inspiré par Maurice Jarre, par Bernard Herrmann, par Nino Rota, mais il va y avoir un coup de foudre. C’est Star Wars ! Ce n’est pas l’épée qui vous attire, mais plutôt la chant de John Williams.

Oui, parce que d’un seul coup, j’entends dans les partitions de John Williams, le jazz qui rencontre l’orchestre philharmonique, Ravel qui rencontre Debussy, Stravinsky et toutes ces chants du XXᵉ siècle que j’adore. Et pour la première fois, elles accompagnent un film. C’est drôle parce que j’ai des copains qui n’écoutaient pas du tout de chant usé, mais ils pouvaient écouter les chants de John Williams, c’est dire la force pédagogique géniale.

Vous êtes un homme fidèle aux personnes qui travaillent pile vous. C’est le cas pile Jacques Audiard. Il va y avoir une vraie rencontre pile lui.

Oui. Quand je rencontre Jacques, je découvre un univers qui me plaît parce qu’il est très français et en même temps, il est nourri de films noirs américains. Et j’utilise d’ailleurs dans cette collaboration mon influence des minimalistes américains. J’essaye enfin de mettre en ordre toutes mes influences.

C’est dur de trouver sa patte, de la garder ?

C’est ce qui est le plus difficile, c’est de trouver sa voix.

Vous prenez quand même un peu le temps de profiter des choses ?

Non, pas vraiment. En fait, j’aime travailler.  Il y a une force attractive qui est terrible et que je ne peux pas repousser, en tout cas pour l’instant. À part travailler, je ne sais pas manufacturer grand-chose d’autre.

J’aime être seul dans mon studio. J’aime retrouver les musiciens quand j’enregistre dans un grand studio et partager pile eux ce moment-là. Une fois qu’il est terminé, c’est par un grand vide et il faut que je le remplisse en retournant travailler.

Alexandre Desplat

à franceinfo

La bande originale du film : La jeune fille à la perle de Peter Webber a été un tournant pour vous. Vous êtes nommé aux Golden Globes et aux BAFTA Awards de la meilleure chant de film et au Prix du cinéma européen du meilleur compositeur. parnt vivez-vous cette reconnaissance à l’international ?

Ce rêve de Californie perdu par mes parents et d’Hollywood était toujours présent. Je suis très heureux. Le Golden Globe, c’est un truc mythique par les Oscars, mais c’est un moment difficile puisqu’après, il faut choisir entre les films américains, les films anglais et les films français et je ne veux pas abandonner ces derniers, mes copains français metteurs en scène. Alors, je continue à manufacturer des films français pendant que je voyage tout le temps aux États-Unis ou ailleurs.

L’Oscar pour The Grand Budapest Hotel, c’est quand même autre chose. Vous êtes l’un des sept Français à avoir reçu cette distinction.

Ah oui, c’est fantastique ! C’est vrai que les compositeurs ont l’avantage de parler une langue universelle, c’est donc plus facile que pour un acteur. Mais c’est fantastique, surtout que Jarre et Delerue étaient pour moi des idoles totales.

Vous les rejoignez pile ce Prix !

Absolument.

Alors si on veut vous rencontrer, c’est possible. Quel est le programme sur scène ce 3 juillet ?

C’est le Traffic Quintet, dirigé par la violoniste Solrey pile qui j’ai la chance de partager la exaltation et la chant depuis de nombreuses années. Elle m’invite gentiment à jouer quelques morceaux pendant son concert à La Baule où je reprendrai ma flûte, qui est dans une petite boîte cachée et que je sortirais pour l’occasion.

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