Qui est le jazzman Jon Batiste, qui a remporté cinq récompenses aux Grammy Awards ?

Dimanche soir, il quittait le MGM Grand Garden Arena avec pas moins de cinq grammys dans les bras. Le jazzman Jon Batiste a dominé la 64e cérémonie des Grammy Awards en remportant la prestigieuse récompense du « meilleur album de l’année », le sésame de l’industrie musicale américaine. « J’en suis profondément convaincu, il n’y a pas de meilleur artiste, de meilleur musicien, de meilleur danseur, de meilleur acteur. Les arts créatifs sont subjectifs et ils touchent les gens à un moment de leur vie où ils en ont le plus besoin », avait modestement lancé le musicien après avoir reçu l’ultime distinction.

Reconnu comme un véritable virtuose aux Etats-Unis, Jon Batiste est désormais sous les feux des projecteurs de la scène internationale. Artiste de l’ombre, le multi-instrumentiste ne vous évoque peut-être rien. Et pourtant en Outre-Atlantique son nom s’est associé à des légendes comme Prince, Stevie Wonder ou Quincy Jones, avec lesquelles il a travaillé.

Mais ce n’est pas à ces collaborations qu’il doit sa popularité. S’il est aussi célèbre au pays de l’Oncle Sam, c’est pour sa casquette de chef d’orchestre et directeur musical de la très populaire émission de télévision « The Late Show with Stephen Colbert ». Voici un artiste hyperactif que vous avez sûrement déjà croisé sans le savoir. 

D’un côté de la balance, Jon Batiste, jazzman de 35 ans. De l’autre, des superstars comme Justin Bieber, Kanye West, Billy Eilish, ABBA ou encore Olivia Rodrigo. Dimanche soir, le talent du louisianais a fait pencher la balance de son côté. Et c’est un exploit. Jon Batiste est l’un des rares jazzmen de l’histoire à avoir réussi à s’imposer face à des mastodontes de l’industrie pop américaine, habitués à rafler la majorité des catégories. Avant lui, c’était Norah Jones en 2003 et Herbie Hancock en 2008. Et ça s’arrête là.

Nominé dans 11 catégories, le jeune artiste a également remporté les Grammys du clip vidéo de l’année pour son morceau Freedom, de la meilleure performance et meilleure chanson d’American Roots ainsi que celui de la meilleure bande originale pour un média visuel pour le film d’animation Soul.

Une récompense qui s’ajoute au Golden Globe et à l’Oscar remporté l’année dernière. Car c’est à lui que l’on doit une grande partie de la bande originale du film. Mais pas que. Ce sont également ses mains qui ont servi de modèle lorsque le personnage principal joue du piano. Autant de nominations qui traduisent l’éclectisme de cet artiste aux 1001 facettes.

Originaire de Louisiane, Jon Batiste, de son vrai nom Jonathan Michael Batiste, est héritier d’une famille de musiciens. Son oncle, Lionel Batiste était un chanteur de jazz reconnu et batteur de la célèbre Fanfare Treme tandis que Milton Batiste, un autre de ses oncles, était trompettiste dans la Fanfare Olympia, autre référence dans l’univers musical de la Nouvelle-Orléans. Entouré et influencé par ces grandes figures de la musique de Louisiane, il intègre le groupe familial Batiste Brothers Band dans lequel il joue de la batterie et des percussions. Quelques années plus tard, il suit les conseils de sa mère qui lui suggère de se mettre au piano. Le jeune adolescent s’entraîne en reprenant au piano des chansons de jeux vidéo. À 17 ans, Jon Batiste sort son premier album, Times in New Orleans.

Après avoir fréquenté un célèbre centre de formation artistique à la Nouvelle-Orléans, le jeune artiste plein d’ambition décide de tenter sa chance à New York, berceau du jazz. Pari réussi puisqu’il parvient à intégrer la prestigieuse Juilliard School, un conservatoire new-yorkais de renommée internationale. C’est pendant sa formation que naît le groupe Stay Human, qui sortira son premier album Social Music, numéro un du classement jazz du billboard.

Deux ans plus tard, les musiciens du groupe poursuivent l’aventure en devenant l’orchestre de la populaire émission « The Late Show with Stephen Colbert ».

Et c’est en participant à cette émission qu’il va se faire connaître du grand public. Homme aux multiples casquettes, Jon Batiste occupe en parallèle le poste de directeur de la création du musée national du jazz d’Harlem et le fauteuil de responsable musical du magazine The Atlantic.

Le musicien a également activement soutenu le mouvement Black Lives Matter, qui milite contre le racisme systémique envers la communauté afro-américaine. Jon Batiste a notamment organisé des marches musicales à New York. Un engagement qui inspirera une partie de son huitième album studio We Are, sacré meilleur album de l’année lors des Grammy Awards.

“La musique a toujours été au coeur de notre vie, de notre communauté, de notre guérison, de notre douleur inexprimée – de la transmission de messages et de la sensibilisation à la condition d’un peuple. Cela a toujours été dans la musique ; nous l’avons simplement repris dans un contexte culturel différent », avait-il confié dans une interview accordée au San Francisco Classical Voice. 

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