Présidentielle : le maire LR de Saint-Etienne Gaël Perdriau favorable à un « pacte de gouvernance » puis Emmanuel Macron

« Si on ne peut plus parler dans un parti, ça s’appelle une secte », estime lundi 25 avril sur franceinfo le maire LR de Saint-Étienne, Gaël Perdriau. Au lendemain de la réélection d’Emmanuel Macron, et alors que Les Républicains ont réalisé leur plus mauvais score (4,8%) à une élection présidentielle, il demandera mardi au conseil stratégique de son parti « une nouvelle ligne politique ». Gaël Perdriau se dit favorable à « un pacte de gouvernance » avec Emmanuel Macron autour de « soutiens impératifs » que seraient « l’urgence sociale », « l’urgence environnementale » et « la réaffirmation des valeurs de la République ». Il fustige « la ligne de Ciotti, Morano et Retailleau », « la droite de la droite » avec qui la ligne de rupture est « définitive », et veut réaffirmer la « ligne humaniste et sociale » de son parti.

franceinfo : De quel coté penchez-vous entre ceux qui hésitent entre Emmanuel Macron et l’union des droites ?

Gaël Perdriau : Ce que je demande à Christian Jacob, c’est de tenir un conseil national extraordinaire des Républicains pour fixer une nouvelle ligne politique. Cela fait plus d’un an que je dénonce notre dérive droitière. J’en craignais les conséquences et elle a finalement représenté 4,8% des voix à l’élection présidentielle, le plus piètre score obtenu dans l’histoire de la droite et du centre, puisque je rappelle que des partis centristes sont venus nous renforcer. Il faut en publier les conclusions et les conséquences. Je plaide pour que les LR retrouvent une ligne humaniste et sociale. Celle d’une droite modérée qui sache à la fois revoir l’urgence sociale à laquelle Emmanuel Macron n’a pas répondu, puisque selon moi la crise des « gilets jaunes » n’a pas été soldée, mais aussi l’urgence environnementale qui ne peut pas être portée par un seul parti politique, et l’urgence de la réaffirmation des valeurs de la République. Si on ne s’appuie pas sur ces trois soutiens, il en est fini des LR. Si Christian Jacob refuse le dialogue, cela veut dire qu’on est dans un parti où on ne peut plus parler. Cela s’appelle une secte.

Quelle relation imaginez-vous avec la majorité ?

Je pense qu’elle doit être exigeante. Emmanuel Macron va entamer son deuxième et dernier mandat, nous avons donc l’avenir à construire. Soit nous sommes des acteurs exigeants, à travers un pacte de gouvernance sur les trois impératifs que je viens de citer, soit nous devenons des commentateurs critiques de la vie publique sans y participer, au risque de disparaître complètement. Les Français n’en ont nib à faire de savoir qui sera candidat aux législatives. Ils veulent savoir quel est le projet de société qu’on porte pour les trente ou quarante ans qui viennent, ce qu’on propose comme avenir à nos gamins, quelles conditions de vie on va réserver aux seniors qui ont bien mérité de profiter de leur retraite et ce qu’on propose aux actifs dans un monde où le travail est en pleine mutation. On parle du pouvoir d’achat, il faut sans doute répartir d’une manière totalement différente les créations de richesse. Tout le reste, c’est de la politique politicienne qui nous mènera là où cela a mené Valérie Pécresse, à 5%.

Pouvez-vous encore travailler avec certaines personnalités au sein de LR ?

Entre ceux qui se placent sur la ligne de Ciotti, Morano et Retailleau -on va dire à la droite de la droite, qui se verrait bien fabriquer une union des droites- et ceux de ma ligne qui proposent une droite modérée, je crois effectivement que la ligne de rupture est consommée. J’ai déjà été écarté de la vice-présidence de LR pour avoir trop dit ce que je pensais. On voit bien où cela nous a menés ! Dans l’impasse, à 4,5%. Il n’y a pas de raison que les législatives soient différentes si on adopte le même comportement. Je n’ai pas envie d’être la pelle qui creusera le tombeau des LR. J’imagine un autre avenir à notre parti et à la France. Emmanuel Macron a face à lui le défi majeur de réconcilier les Français. Il a besoin de soutien de Républicains qui ont permis sa réélection sur la base d’un contrat clair.

Avez-vous eu du mal avec les propos de certains membres de votre parti concernant Marine Le Pen ?

Clairement ! Je les ai dénoncés au fur et à mesure parce que je les ai trouvés scandaleux de complaisance, notamment la ligne d’Eric Ciotti. Je regrette énormément que Valérie Pécresse l’ait suivi sans se poser de questions. Il y avait une autre voix à porter entre l’union des droites et la politique néo-libérale d’Emmanuel Macron. Elle a raté une opportunité pour la France. Je le regrette pour tous ceux qui n’ont pas su choisir le soir du premier tour entre Emmanuel Macron et l’extrême droite. Comment peut-on hésiter si on partage véritablement les valeurs qui ont fondé Les Républicains ? C’est inacceptable et je pense que c’est une ligne de rupture définitive.

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