Le déménagement est prévu ce week-end

Il l’avait promis, il l’a fait avec le concours de bienfaiteurs : Jean Asselborn a trouvé une solution pour installer la structure de primo-accueil de réfugiés ukrainiens.

Une odeur de goudron chaud et de poussière flotte dans l’air entre le boulevard J.-F.-Kennedy et de la rue Tony-Rollman au Kirchberg. Les travaux, encadrés par des volontaires du CGDIS, avancent à vitesse grand V. Lundi prochain au plus tard, la nouvelle structure de primo-accueil de réfugiés ouvrira ses portes au pied des bâtiments du Parlement européen à Luxembourg. «J’avais promis que je trouverais une solution avant la fin de la semaine et on y est arrivé», lance un Jean Asselborn reconnaissant pour l’aide reçue des sapeurs-pompiers et des entreprises.

Après avoir rencontré ses homologues européens pour décider d’un nouveau train de sanctions à l’encontre de la Russie (lire encadré), Jean Asselborn, ministre de l’immigration et de l’Asile, a visité le chantier de la nouvelle structure dédiée aux réfugiés ukrainiens. Jusqu’à 600 personnes jusqu’ici hébergées à Luxexpo pourront trouver refuge sous les grandes tentes chauffées et climatisées. Ces grandes tentes en «dur» contiennent au total une cinquantaine de tentes plus petites en toile dans lesquelles sont disposés une douzaine de lits. «Nous essayerons de garantir au mieux l’intimité des familles, promet Jean Asselborn. Cette structure est censée accueillir de 400 à 500 personnes.»

Le bâtiment T bientôt transformé

Ce site, installé sur un terrain appartenant au Fonds du Kirchberg, recevra les Ukrainiens à leur arrivée ne disposant pas encore de statut de protection temporaire. Il est le premier maillon d’une chaîne de 19 structures mises en place pour aider les réfugiés ukrainiens. Seize structures d’hébergement d’urgence ont été ouvertes dans les communes et trois structures d’hébergement pour les détenteurs du statut de protection à Differdange, Nospelt et Echternach complètent l’offre. Un nouvel endroit doit également voir le jour dans le bâtiment T à côté de la Banque européenne d’investissement, a annoncé le ministre hier. Un premier étage pourrait être opérationnel d’ici à six semaines.

Dans la perspective d’un conflit qui serait amené à se prolonger et à s’aggraver entre la Russie et l’Ukraine et forcerait davantage de gens encore à quitter leur foyer, Jean Asselborn a lancé un appel aux communes du Grand-Duché de fournir des espaces pouvant accueillir un minimum de 100 lits pour une durée d’un an minimum. Les locaux occupés par la Wanteraktioun sont également cédés à l’Office national d’accueil jusqu’au mois de novembre pour héberger les réfugiés tombant sous la convention de Dublin.

L’espoir d’une fin de conflit rapide s’amenuise de plus en plus, regrette Jean Asselborn. Quatre mille cinq cents Ukrainiens ont depuis le 24 février fait une demande de protection temporaire au Luxembourg. Mille six cent soixante l’ont obtenue pour le moment et l’Office national d’accueil héberge 1 533 d’entre eux dans ses structures d’accueil. Plus de 80 % des capacités seraient atteintes, selon le ministre qui rappelle que le déménagement de la structure de primo-accueil initialement prévue à Contern a dû être écarté pour des raisons techniques. Deux cent quarante personnes attendent dans le gymnase du lycée technique du Centre de pouvoir investir les tentes au Kirchberg. L’ouverture de la structure est prévue vendredi.

«Poutine ne va pas arrêter»

Horrifiés par les exactions imputées aux forces russes en Ukraine, les ministres des Affaires étrangères de l’UE ont commencé hier à discuter d’un sixième paquet de sanctions contre la Russie, mais le consensus devient de plus en plus difficile à trouver. Aucune décision n’a encore été prise.

La priorité est l’aide militaire, ont insisté plusieurs ministres. «Les Ukrainiens craignent une offensive massive dans le Donbass. Ils se préparent et nous les aidons», a déclaré le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, à l’issue de la réunion à Luxembourg.

L’UE a ajouté hier 500 millions d’euros au milliard déjà débloqué pour financer et livrer des armes à Kiev. «Si ce n’est pas assez, nous en mettrons plus», a résumé Josep Borrell, en précisant que la décision devait encore être ratifiée par les parlements de quelques pays. «Les batailles vont avoir lieu, que nous achetions ou non du gaz russe.» «Poutine ne va pas arrêter, même si on arrête les achats de gaz et de pétrole», a renchéri Jean Asselborn.

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