le CHdN ferme temporairement sa maternité

Ces prochains jours, semaines, voire mois, les patientes du Nord du pays devront aller accoucher à Luxembourg-Ville. Le Centre Hospitalier du Nord ayant décidé, ce week-end, la fermeture provisoire de son service.

C’est dans un communiqué de presse publié ce dimanche que le CHdN a acté de son incapacité transitoire à se mettre en conformité avec la loi du 8 mars 2018 («Une maternité qui assure moins de 1 500 accouchements par an dispose au moins d’une disponibilité 24 h sur 24 et 7j/7 sur appel et dans des délais compatibles avec l’impératif de sécurité, du médecin spécialiste en gynécologie-obstétrique et du médecin spécialiste en anesthésie pour la prise en charge de la femme enceinte et parturiente, ainsi que du médecin spécialiste en pédiatrie pour la prise en charge du nouveau-né») et se voir contraint de fermer provisoirement la maternité à partir de ce lundi 4 avril. Le conseil d’administration et la direction du CHdN réagissent aux démarches de l’association des médecins anesthésistes et réanimateurs d’Ettelbruck et du groupe des gynécologues obstétriciens du CHdN, qui revendiquaient une mise en conformité.

Cela fait en effet quelques années que les pédiatres agréés soulignent, selon ce communiqué, leur inaptitude à assurer ce type de prise en charge, la réanimation des nouveaux-nés relevant du champ de compétences du néonatologue, qui intervient directement en salle d’accouchement.

«Les délais d’intervention s’avèrent parfois trop longs»

Or face au manque de moyens humains, le CHdN a dressé ce constat que malgré un tri qui expédie les grossesses à risque vers la capitale, il n’est pas à exclure qu’une parturiente à haut-risque se présente, ce qui pose un problème. «Bien que l’engagement et les compétences des anesthésistes-réanimateurs du CHdN ait permis d’assurer la réanimation immédiate proprement dite des nouveaux-nés en détresse vitale, ces médecins ne sont pas non plus des néonatologues et ne peuvent pas seuls continuer la prise en charge intensive de ces enfants», indique le Dr Paul Wirtgen, directeur général du CHdN. En résumé, il manque du personnel et actuellement, il faut avoir recours environ deux fois par mois en moyenne au SAMU néonatal du CHL. «Les délais d’intervention s’avèrent parfois trop long», complète le Dr Wirtgen, qui constate que «les anesthésistes peuvent se retrouver, à chaque fois qu’un pédiatre est indisponible, dans la situation de prise en charge simultanée de la mère et du nouveau-né. Nous admettons le risque potentiel d’un tel scénario dont la gestion décrite n’est pas conforme à la loi».

Ce manque transitoire de spécialistes devant donc être comblé, la maternité ferme ses portes. Les femmes enceintes seront donc réorientées sur la capitale. Une décision nécessaire qui aura un impact sur les patientes mais aussi sur les équipes médico-soignantes du service gynécologie-obstétrique.

 

 

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