Fabien Roussel, nouvelle incarnation du PCF au sein d’une gauche fragmentée

Avec son style, sa gouaille, Fabien Roussel, c’est un peu le communisme à visage humain, et même jovial. Il utilise des formules imagées, humoristiques, il se veut « coco et cocorico », il incite ses partisans à organiser des « apéroussel »… Et il s’est éloigné du discours anxiogène, souvent un peu catastrophiste, qui domine à gauche, en prônant le retour des « jours heureux », son slogan de campagne.

Sur la ligne de départ, il était l’inconnu de ce casting de candidats qui ressemblait largement à un remake de 2017. Et Fabien Roussel s’est révélé, au moins médiatiquement. Pour autant, il n’est qu’à 3 % d’intentions de vote dans notre sondage Ipsos Sopra-Steria, mais en s’émancipant de Jean-Luc Mélenchon, il a redonné un peu d’oxygène au PCF.

Sur le nucléaire par exemple, Fabien Roussel est le seul candidat de gauche à être résolument en faveur de l’énergie nucléaire. Sur la sécurité et la laïcité, il a adopté des positions républicaines fermes, par opposition à la dérive d’une frange de la gauche plus sensible au communautarisme. Et quand il a osé vanter la « gastronomie française » en souhaitant que les plus modestes puissent avoir accès à « une bonne viande, un bon vin, et un bon fromage », il a aussitôt été critiqué de façon virulente, en particulier par certains écologistes comme Sandrine Rousseau qui l’ont accusé de faire preuve de xénophobie.

Une polémique qui a pu sembler dérisoire mais qui est significative des profondes fractures qui menacent de faire exploser ce qui reste de la gauche.

Il y a aura urgence, ne serait-ce que pour essayer de sauver ses sièges de députés à l’Assemblée Nationale en juin. Sans union, les groupes de gauche, déjà réduits à la portion congrue depuis 2017, risqueraient de disparaître du Palais-Bourbon. Mais d’ici les législatives, un autre sujet pourrait bien créer une nouvelle fracture, en particulier entre les insoumis et le reste de la gauche : l’attitude à adopter en cas de remake du duel Macron-Le Pen.

Contrairement à Jean-Luc Mélenchon, Fabien Roussel a déjà clairement annoncé qu’il appellerait à « faire barrage à l’extrême droite » en votant pour le chef de l’État et contre Marine Le Pen.

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