[Album de la semaine] Soul Glo sonne la révolte

Depuis quelque temps maintenant, le hardcore fait comme tous les autres genres : il mute, se montre plus perméable aux traditions et, par prolongement, plus réceptif à ce qui se fait musicalement autour de lui. Tout récemment, l’exemple le plus «frappant» a été l’œuvre de Turnstile avec Glow On (2021), nappé de synthétiseurs et pas trop regardant quand il s’agit de se tourner vers la pop. Dans un autre registre, bien plus démonstratif celui-là, Soul Glo apporte lui aussi sa pierre à cet édifice en construction, et de quelle manière ! Diaspora Problems pourrait s’écouter au cœur d’une machine à laver en mode essorage que l’effet serait le même : on en sort lessivé et décrassé par autant de puissance et d’inventivité.

Jusque-là, le quatuor de Philadelphie avait déjà assené quelques coups de poing à l’estomac, en petit format (dont l’excellent Songs to Yeet at The Sun en 2020) ou en grand, notamment The Nigga in Me is Me (2019). Des disques rentre-dedans, menés comme il se doit au pas de charge, ramassés sur dix-vingt minutes pas plus – seul Untitled LP (2016) fait figure d’exception, dépassant la demi-heure… avec ses vingt chansons ! Mais s’arrêter à cette frénésie, cette force, serait réduire l’importance de Soul Glo et de Diaspora Problems. Oui, on a affaire à un grand album, époustouflant dans tous les sens du terme, et qui, sûr de ses moyens, s’appuie pour la première fois sur un label aux épaules larges : Epitaph Records.

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