un « grand militant de la lutte anticolonialiste », salue le journaliste Frédéric Charpier

« Il a été un grand militant de la lutte anticolonialiste », réagit samedi 12 mars sur franceinfo Frédéric Charpier, journaliste d’investigation et ancien militant de la Ligue Communiste Révolutionnaire, après le décès à 80 ans d’Alain Krivine, cofondateur du parti d’extrême-gauche et ancien candidat à la présidentielle. Le journaliste salue la mémoire d’un « militant très avancé ».

franceinfo : Alain Krivine aura eu une vie de militant jusqu’au bout ?

Frédéric Charpier : Oui, j’ai eu l’occasion de le rencontrer plusieurs fois, c’était quelqu’un de très ouvert sur les autres, qui faisait profiter tous ceux qui venaient vers lui de ses connaissances, de son réseau parce qu’en bon trotskiste qu’il était, il avait un véritable culte du réseau parce que le trotskisme c’est d’abord du réseautage.

On peut rappeller justement ce qu’était le trotskisme à ce moment-là dans les années 60-70 ?

Le trotskisme ça a d’abord et avant tout été une opposition au stalinisme, qui s’est manifestée dans les années 60 au moment de la décolonisation en particulier. Et Krivine a été un grand militant de la lutte anticolonialiste, il a été l’un des leaders du FUA, le Front universitaire antifasciste, ce qui lui avait valu une haine totale des organisations d’extrême-droite et en particulier de l’OAS [Organisation Armée Secrète, opposée à l’indépendance de l’Algérie]. C’était un militant très avancé qui connaissait plein d’artistes, de réalisateurs, de comédiens… C’était quelqu’un d’extrêmement gentil.

Avant la LCR il avait fondé la jeunesse communiste révolutionnaire, dissoute pour ses activités, il avait été arrêté à ce moment là et emprisonné. C’est aussi une vie de personnage de roman ?

Krivine a fait quelques séjours en prison. Il a été interpellé en 68, poursuivi pour reconstitution de ligue dissoute, mais assez vite remis en liberté, à l’époque beaucoup de gens voulaient tirer un trait sur les événements. Et puis une autre fois en 1973 après une nuit d’émeutes contre un meeting d’extrême-droite. J’ai eu l’occasion de voir pas mal d’archives le concernant dans les milieux de police et de renseignements, ce qui est amusant c’est qu’il se comportait comme on apprenait aux militants de le faire, il était prudent, réservé et il ne parlait pas. C’était un personnage.

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