l’Opéra de Paris et le Théâtre des Champs-Elysées dévoilent leur saison 2022/2023

366 levers de rideau, c’est ce qu’a promis le directeur de l’Opéra de Paris, Alexander Neef, contre 226 cette saison, le Covid étant passé par-là. Et, du coup, un déficit que le ministère de la Culture a en partie renfloué mais pas encore assez. Donc 18 productions d’opéra contre 21 cette saison et une nouveauté en moins (sept contre huit). Les économies se poursuivront dans les années qui viennent…

Mais évidemment il s’agissait de rendre honneur aux femmes. Si l’on excepte l’Echelle de soie de Rossini, présentée par l’Académie dans une mise en scène de Pascal Neyron, habitué des Frivolités Parisiennes, la parité est bien respectée. Comme l’est aussi celle entre l’opéra anglo-saxon et… le reste du monde. Y avait-il des retards à rattraper ?

C’est ainsi que Deborah Warner mettra en scène un Peter Grimes de Britten (Opéra, déclare-t-elle, très inconfortable) dirigé par Joana Mallwitz et l’Américaine Lydia Steier une nouvelle Salomé de Richard Strauss confiée à la baguette de Simone Young. Entrée absolue aussi à l’Opéra de Paris pour John Adams avec son fameux Nixon in China (sur la visite officielle de Richard Nixon en Chine) -Adams dont aucun ouvrage n’a encore été monté dans la noble maison, mise en scène de Valentina Carrasco, direction de Gustavo Dudamel, avec un couple mythique, Renée Fleming et Thomas Hampson.

La touche baroque (et encore anglo-saxonne) sera donnée avec l’Ariodante de Haendel, mise en scène de Robert Carsen (il y aura tout de même quelques hommes…) et, en fosse, le fameux English Concert dirigé par Harry Bicket.
Enfin deux nouvelles productions d’opéra français, le Hamlet d’Ambroise Thomas et le Roméo et Juliette de Gounod. A ceux (nombreux) qui remarquaient qu’il y avait peut-être d’autres œuvres de notre patrimoine à défendre que ces deux-là qui viennent d’être représentées à l’Opéra-Comique, Neef a répondu que ce seraient des propositions très différentes. On s’en doute : Warlikowski pour Hamlet, Thomas Jolly pour Roméo et Juliette, un Jolly qui rappelle que l’œuvre de Shakespeare se situe pendant une épidémie de peste ! Et restant mystérieux sur les conclusions qu’il va en tirer…

Pour les reprises, en-dehors de notre éternelle Carmen et de deux œuvres germaniques, La flûte enchantée et Tristan et Isolde, place écrasante à l’opéra italien : les 5 géants sont là. Rossini (Cenerentola), Bellini (Capulets et Montaigu), Donizetti (Lucia di Lammermoor), Verdi (Le Trouvère et La force du destin) et Puccini (Tosca et La Bohème) dans des mises en scène (on y inclut La flûte enchantée) qui, pour certaines, commencent à dater. Ah ! oui : reprise enfin des toutes récentes Noces de Figaro. C’est Mozart et c’est en italien.

On notera en tout cas l’absence du reste du monde et en particulier de l’opéra russe. Et ce n’est pas lié aux récents événements, les programmes se préparant si longtemps à l’avance. Les artistes de ce pays étant encore les bienvenus à condition de ne pas avoir fait de déclarations tonitruantes pour soutenir le régime actuel. Quant à la présence d’Ana Netrebko dans La force du destin, ce sera en décembre et on verra d’ici là…

Au Théâtre des Champs-Elysées les propositions sont sans doute plus variées et les femmes seront… sur scène. Une Marianne Crebassa qui incarnera -quelle belle idée!- La Périchole grâce au duo Laurent Pelly-Marc Minkowski, si à l’aise dans Offenbach. La Bohème de Puccini (mise en scène d’Eric Ruf) où la jeune (à découvrir) Selene Zanetti sera la Mimi du Samoan Pene Pati (Rodolfo) qu’on a découvert récemment, justement dans Roméo et Juliette à l’Opéra-Comique. Un duo intrigant imaginé par Olivier Py avec Le rossignol de Stravinsky et les délirantes Mamelles de Tirésias de Poulenc… et Sabine Devieilhe. L’opéra pour les plus jeunes sera Cenerentola d’après, donc, Rossini. Enfin un monsieur (mais contre-ténor), Jakub Josef Orlinski, qui fera ses débuts de « mis en scène » (après tant de récitals) dans l’Orphée et Eurydice de Gluck ; et il sera dirigé (comme acteur) par Robert Carsen.

Rappelons enfin que le TCE, en dehors des productions mises en scène, présente chaque saison une petite vingtaine d’opéras en version de concert qui s’échelonneront chronologiquement de Monteverdi à Massenet. Et, comme la réponse de Neef à une question posée sur les femmes compositrices d’opéra fut qu’on y travaillait (en-dehors de l’emblématique Saariaho, habituée des lieux), on notera que le TCE prendra l’Opéra de Paris de vitesse (même si en version de concert) avec le Fausto de Louise Bertin, des années 1830 : ce sera le 20 juin 2023, proposition des découvreurs Bru Zane, avec Christophe Rousset à la direction et Karine Deshayes dans le rôle-titre (en travesti?)

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