Le pianiste russe Boris Berezovsky appelle à accélérer le siège de Kiev, provoquant l’indignation

L’appel du célèbre pianiste russe Boris Berezovsky à cesser le soutien à l’Ukraine et à lui couper l’électricité pour accélérer son siège suscite l’indignation dans le monde musical. « Je comprends qu’on ait pitié d’eux, qu’on fasse les choses délicatement, mais ne pourrait-on pas arrêter de s’en soucier, les assiéger et leur couper l’électricité? », a déclaré cette star mondiale du piano lors d’un talk-show sur la chaîne fédérale pro-Kremlin Pervy Kanal le 10 mars, qui parlait des habitants de Kiev. Un militaire qui participait au programme télévisé lui a répondu qu' »on ne peut pas créer une catastrophe humanitaire de nos propres mains ».

I cannot believe these statements of my former friend Boris B. But I hear them coming from his mouth. This friendship is officially over. https://t.co/ZfkT03X42g

— Lars Vogt (@lars_vogt) March 14, 2022

Le pianiste et chef d’orchestre Lars Vogt, directeur musical de l’Orchestre de chambre de Paris, a réagi vivement sur Twitter : « Je n’arrive pas à croire ces propos de mon ex-ami Boris B. Je les entends pourtant de sa propre bouche. Notre amitié est officiellement terminée. »

La pianiste vénézuélienne Gabriela Montera a évoqué « une énorme déception » sur Twitter, ajoutant que « la grandeur musicale et l’empathie ne vont pas toujours de pair ». « C’est au-delà du cynisme », a réagi pour sa part la cheffe d’orchestre finlando-ukrainienne Dalia Stasevska.

Boris Berezovsky, 53 ans, régulièrement invité dans les festivals et les salles de concert en France, comme le Festival international de piano de La Roque-d’Anthéron (sud de la France) ou le Théâtre des Champs-Elysées, à Paris, a aussi affirmé que « ce que disent les médias occidentaux, c’est du mensonge pur ».

« Nous avons besoin de gagner cette guerre et ensuite de construire quelque chose de bien et de sympa chez nous, dans ce pays (…) Au final, la vérité parviendra aux gens, j’en suis convaincu, un an passera et la vérité l’emportera », a dit le lauréat du Concours international Tchaïkovski 1990.

Depuis le début de l’invasion, des artistes considérés comme pro-Poutine, tel que le chef d’orchestre Valéry Gergiev ou la soprano Anna Netrebko, ont été déclarés persona non grata dans la majorité des salles occidentales. Une autre personnalité musicale russe de premier plan, Tugan Sokhiev, clairement opposé à la guerre, a démissionné lui de ses postes de directeur musical du Bolchoï et de l’Orchestre du Capitole de Toulouse, pour dénoncer l’ostracisation dont sont victimes des artistes russes, « traités de manière irrespectueuse et victimes de la culture d’annulation ».

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