la souffrance des médecins à l’écran

France 3 diffusera, le mercredi 16 mars, un reportage sur «la lente agonie de l’hôpital public». Une équipe de Réseau d’enquêtes a notamment tourné à l’hôpital Bel-Air de Thionville. «Édifiant», selon le journaliste Charles-Henry Boudet.

Dans le numéro de Réseau d’enquêtes qui sera diffusé ce mercredi 16 mars à 23 h 05 sur France 3, Charles-Henry Boudet est allé dans le Grand Est à la rencontre de médecins et du personnel soignant surinvestis et passionnés, mais en grande souffrance professionnelle. Le journaliste et son équipe se sont notamment rendus au CHRU de Nancy, à l’hôpital de Metz-Mercy et à l’Hôtel-Dieu de Mont-Saint-Martin, puis durant trois jours à l’hôpital Bel-Air de Thionville, où ils ont rencontré des soignants à bout de souffle, sous pression, voire apeurés.

«Dans un premier temps», explique Charles-Henry Boudet, «nous avons pu filmer dans différents services et récoltés des témoignages à visages découverts. Et nous avons assisté à l’assemblée générale constitutive d’un collectif de médecins en souffrance. Le lendemain, nous avons commencé à recevoir des SMS de soignants nous suppliant de flouter les visages, de peur de représailles de la direction générale».

«Un vrai malaise à Thionville»

À Bel-Air comme partout ailleurs, l’hôpital public se vide de ses forces vives. Burn-out, dépressions et démissions se multiplient. En France, 25 000 postes sont aujourd’hui vacants, des milliers de lits ont été fermés faute de personnel et certains soignants travaillent jusqu’à 70 heures par semaine.

Combien d’entre eux résisteront longtemps encore aux pressions et tensions actuelles ? Quel avenir pour l’hôpital alors que soignants et direction sont en conflit ouvert sur son mode de gestion ? Autant de questions que Réseau d’enquêtes aborde dans son reportage, avec les réactions de Marie-Odile Saillard, la directrice générale du CHR Metz-Thionville, des chefs de pôle, de service, et d’étudiants infirmiers de Mont-Saint-Martin qui ne cachent pas leur attrait pour le Luxembourg…

«On a senti un vrai malaise au sein de l’établissement thionvillois», poursuit Charles-Henry Boudet, «des relations compliquées entre le corps médical et la direction. Ça tranche avec l’exemple de l’hôpital de Valenciennes où, depuis dix ans, ce sont les médecins qui gèrent les budgets, et non l’administration». Avec une nouvelle maternité de plus de 40 millions d’euros et de gros travaux de réhabilitation, l’hôpital Bel-Air semble physiquement en bonne santé. Mais son état psychique est très fragile. Au bord de la perte de (re) connaissance.

L. B. (Le Républicain lorrain)

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