Anne Paceo fusionne musique et spiritualité dans son album « S.H.A.M.A.N.E.S »

Depuis ses origines, la musique a toujours revêtu une dimension spirituelle, dans toutes les cultures. Si elle est devenue un bien de consommation courante, plusieurs artistes aiment très souvent nous rappeler ses vertus apaisantes et introspectives ou sa force mystique. Anne Paceo en fait partie. Son nouvel album S.H.A.M.A.N.E.S s’inscrit dans une démarche qui va bien au-delà d’un recueil de chansons. La percussionniste, mais également autrice-compositrice-chanteuse, a répondu à nos questions.

En 2019, Anne Paceo accompagne le départ de son grand-père jusqu’à son dernier souffle en lui chantant des chansons au creux de l’oreille. « Un moment assez remuant, mais qui a complétement changé ma perception de la vie » explique la musicienne. « Et qui m’a déclenché des questionnements sur l’au-delà ».

Quelques jours après naît le morceau Here and everywhere (« ici et partout ») qui, selon son auteure, exprime « la dissolution de l’âme pendant que la vie piaille tout autour, plus joyeuse que jamais. »

Suite à cet « événement fondateur », et s’intéressant depuis longtemps aux différentes pratiques chamaniques de par le monde, Anne Paceo décide de creuser un peu plus le sujet à travers des musiques, des lectures, des rencontres avec des chercheurs…

Mais comme dans tous ses projets, la musicienne n’est pas dans l’imitation. Elle se nourrit de cette matière pour en produire autre chose, qui lui appartient vraiment.

Je ne cherche jamais à reproduire, je laisse infuser la musique que j’entends, je laisse mûrir, et ensuite vient l’inspiration

On associe souvent le chamanisme aux cultures amérindiennes mais le disque d’Anne Paceo nous fait découvrir le côté universel de cette pratique ancestrale. Elle explique : « La culture du chamanisme était très présente en Sibérie avant que l’URSS ne l’interdise. Et également en Amérique du sud, en Asie, en Afrique, en Haïti avec les cérémonies vaudou, chez les Aborigènes, et même en France comme en parle Jeanne Favret-Saada dans son livre ‘Les Mots, la Mort, les Sorts’. »

« On dit souvent que je suis solaire » (SYLVAIN GRIPOIX)

Ces recherches de documentation très fouillée imprègnent l’album, riche de toutes ces influences. Si le titre d’ouverture Wide Awake et Travelers ont des couleurs amérindiennes, les autres morceaux nous emmènent vers d’autres rivages.

Reste un oiseau, où Anne Paceo délaisse un temps les baguettes pour s’approprier le micro, évoque à la fois la mue et la réincarnation. « J’aime bien l’idée de la réincarnation. Je trouve chouette de se dire que si on a fait des belles choses on aura encore une belle vie qui va suivre. »

Le clip réalisé par Juliette Bonvallet retranscrit bien cet univers à la fois onirique, mystérieux et magique dans lequel baigne la musique d’Anne Paceo.

Quand on écoute l’album S.H.A.M.A.N.E.S, on ne peut qu’être transporté par les mélodies lumineuses et les arrangements cosmopolites. Une musique qui apaise et fait du bien à l’âme.

J’espère que ma musique fait du bien aux gens. La musique m’a toujours porté, emmené vers la lumière

Bien que profane, la musique d’Anne Paceo n’en recèle pas moins une dimension mystique. « Je n’ai pas de pratique religieuse », précise la musicienne, « mais pour moi jouer de la musique c’est spirituel. Comme prier ou réciter des mantras ». Elle ajoute : « La musique c’est quelque chose de profondément humain et aussi universel et tourné vers le monde. J’ai toujours l’impression qu’il y a quelque chose qui nous dépasse. »

Et pour une musique à portée universelle, quoi de plus naturel que rompre les barrières des styles musicaux. Impossible de classer la musique d’Anne Paceo et c’est tant mieux. « J’ai une formation jazz (conservatoire national NDLR). C’est ma culture, mais je dirais plus que c’est mon école. »

Et effectivement, si on ressent bien des accents jazz sur certaines rythmiques ou solos de saxo, la richesse de l’album nous embarque vers des atmosphères aussi diverses que les consonances orientales de Mirages, les superbes harmonies vocales, parfois pop comme dans le final Marcher Jusqu’à La Nuit, ou même des ambiances plus rock telle la deuxième partie de Wide awake.

Ma musique ne plairait pas forcément aux ayatollahs du jazz classique

Anne Paceo incarne clairement une musique sans frontières, qui se moque des étiquettes, notamment à travers cette utilisation de la voix en « instrument et texture comme une autre ». Cette démarche renvoie d’ailleurs à la pratique chamanique qui utilise aussi la voix de cette façon. « Parfois il y a des mots comme par exemple en Colombie, mais très souvent ce sont plus des textures, des chants, des râles, des mélodies très solaires, des choses très différentes. »

Universalité du chamanisme, universalité de la musique. Anne Paceo fusionne les deux dans ce magnifique album parti à la rencontre du public dès ce mois de mars.

La pochette de l’album S.H.A.M.A.N.E.S d’Anne Paceo (Jusqu’à la nuit / L’autre Distribution)

L’album S.H.A.M.A.N.E.S sort le 25 mars (Jusqu’à la nuit / L’autre Distribution)

Actuellement en tournée, Anne Paceo jouera le 23 juin à La Cigale à Paris

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