à gauche, la guerre en Ukraine est l’occasion de s’en prendre à Jean-Luc Mélenchon

C’est un peu l’histoire dans l’histoire, façon matriochkas, ces poupées qui s’emboîtent. Les critiques qui pleuvent, plus particulièrement à gauche, sur Jean-Luc Mélenchon, accusé d’indulgence à l’égard de la Russie, voire de complaisance. Depuis ce week-end, Yannick Jadot et Anne Hidalgo n’ont pas de mots assez durs à l’égard de celui qui fait la course en tête dans les sondages à gauche. La maire de Paris dénonce son « discours antieuropéen prétendument de gauche », l’assimile à Eric Zemmour ou Marine Le Pen, qui « se font les complices des nationalistes agressifs et impérialistes. » Avant de poursuivre : « La gauche n’est jamais du côté des dictateurs. »

Ça fait quelques jours que Yannick Jadot tournait autour de ces mêmes reproches. Avant l’offensive russe, il soutenait, par exemple, que Jean-Luc Mélenchon était « prêt à sacrifier l’Ukraine et les Ukrainiens dans un délire anti-américain ». Depuis, il y a eu l’invasion de l’Ukraine, et l’interview de Jean-Luc Mélenchon sur franceinfo, vendredi matin, durant laquelle l’Insoumis a raillé l’idée de Jadot de faire parvenir des armes à Kiev. Les écologistes ne sont « jamais en retard d’une bêtise » pour Jean-Luc Mélenchon. Réponse du berger à la bergère : “Mélenchon n’est jamais en retard d’une complaisance vis-à-vis de Poutine. » Les deux camps se livrent depuis à une bataille féroce par médias et réseaux sociaux interposés, qui enterre définitivement l’idée de candidature commune, pour ceux qui y croyaient encore. Renfort de taille, côté Jean-Luc Mélenchon : Ségolène Royal, ex-candidate à la présidentielle, qui juge consternants « les candidats écolo et PS » qui cherchent à le “disqualifier de façon mensongère.”

Beaucoup de calculs politiques se cachent aussi : dans les critiques des uns et des autres, il y a aussi, et c’est le jeu des campagnes électorales, un peu de caricature de Jean-Luc Mélenchon. Ce que l’Insoumis qualifie, agacé, de petite « politicaillerie ». Dès le début de la crise, une partie de la gauche voyait dans le regain de tension à l’Est l’opportunité d’accrocher Mélenchon sur son programme international, perçu comme son point faible, pour l’empêcher de « tuer le match » comme on dit, de grappiller trop de points dans les sondages qui le mettraient hors d’atteinte de ses rivaux. « Tant que Mélenchon ne monte pas à 13-15, le match reste encore ouvert”, confidence d’un cadre écologiste à nos confrères de L’Opinion.

Celui qui n’aura pas lieu. Samedi était prévue la première réunion publique du candidat Emmanuel Macron. Le Parc Chanot à Marseille avait été loué par La République En Marche. Meeting annulé, car « personne n’imagine une expression de ferveur samedi en raison du contexte international » selon une explication apportée par le parti.

C’est celui d’Antoine Wachter: « Mon parcours dans cette élection présidentielle s’arrête là », écrit l’ex-candidat des Verts à la présidentielle de 1988, actuel co-président du Mouvement Écologiste Indépendant. Il n’avait recueilli que quatre parrainages, sur les 500 requis par le Conseil constitutionnel.

Articles connexes

Stay Connected

0FansJ'aime
3,506SuiveursSuivre
0AbonnésS'abonner

ne manquez pas