une centaine de musiciens et choristes sur scène redonnent vie au groupe mythique

En tournée du 4 février au 21 mai avec 17 dates en France, le tribute band français Back to the Floyd interprète sur scène avec l’orchestre La Folia de Lille, et l’ensemble vocal Adventi de 24 choristes, le répertoire mythique de Pink Floyd de 1967 à 1997. Avec un titre rare, Atom Heart Mother de 1970, quasiment jamais joué sur scène.

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On reproche aux tribute band de n’être que les exécuteurs des grandes œuvres pop des années 1960-70. Ce show prend justement de la distance par rapport au poncif. Il s’adjoint des arrangements originaux, un orchestre symphonique et un chœur. Back to the Floyd offre une prestation où s’exprime la passion de musiciens pour une musique, avec une fraîcheur spontanée, presque « garage », avec l’ambition de recréer des moments de grâce. Parmi eux, le clou du spectacle : Atom Heart Mother, pièce instrumentale d’une vingtaine de minutes de 1970, rarement jouée sur scène, puisque nécessitant une formation de cuivres, de cordes et d’un chœur, difficile à rassembler en tournée, ce qu’offre ce Pink Floyd Symphonic Show.

En 1970, Atom Heart Mother est aussi le cinquième album studio du Floyd, entre Ummagumma et Meddle. Le groupe renoue alors avec la tendance expérimentale de ses débuts. Comme pour d’autres formations de l’époque (Deep Purple, ELP, Yes, Genesis), l’orchestration symphonique alliée au rock est un champ d’exploration privilégié. L’album est sans doute un des accomplissements du genre, même si le groupe ne fait pas appel à un orchestre symphonique complet, mais à des composantes, des cuivres puissants et un chœur sublime.

Pratiquement jamais joué sur scène en raison d’mpératifs logistiques, Back to the Floyd : Pink Floyd Symphonic Show donne une splendide interprétation d’Atom Heart Mother qui mérite à elle seule le déplacement. Atom Heart Mother, pièce composite complexe, nécessite une mise en place et une puissance orchestrale dans laquelle tous les interprètes mettent lors du show le meilleur d’eux-mêmes. D’univers différents, ils se fondent dans une musique où tous se retrouvent pour créer un accord, pour parvenir au doux son du tonnerre. On lui reproche une emphase lourde, qualificatif stigmatisant le rock progressif, en ignorant les reprises merveilleuses, dues notamment au chœur exceptionnel de l’ensemble Adventi.

La pochette de l’album « Atom Heart Mother » de Pink Floyd (1970). (PARLOPHONE)

Introduits par le bourdonnement sombre et profond du melotron Moog, les cuivres lancent le thème principal d’une pièce épique de 20 minutes (la face d’un vinyle) : un lancement qui monte et explose sur le vrombissement des pots d’échappement d’une double cylindrée historique. Quand le chœur s’élève, sur le thème dominant de l’œuvre, l’orgue Hammond s’y mélange avec une belle audace. Puis la lourde batterie les enlève jusqu’à un crépuscule en mineur. La basse lance alors une balade sur laquelle se greffent l’orgue puis la guitare aérienne, pour s’achever sur une plage planante. On est dans l’obscurité. 

Une percée venue du ciel relance les cuivres avec le thème inaugural de l’œuvre, pour retomber dans une ambiance angoissante : c’est l’orgue dissonant digne ses expérimentations du Floyd des origines. Jusqu’à ce que les harmonies lumineuses du thème inaugural prennent enfin le dessus sur ces ténèbres. Le final rassemble rock, cuivres et chœur dans une apothéose. Magnifique. Lors de la présentation à Pleyel à Paris, la salle s’est levée d’un seul homme pour saluer une interprétation remarquable.

Ce n’est pas la moindre qualité de Back to the Floyd que de s’approprier le répertoire du groupe grâce à des arrangements originaux et inédits de Simon Fache. Très bonne idée que d’introduire des titres archi-connus par des partitions nouvelles.

Back to the Floyd Symphonic Show sur scène à l’Olympia, Paris le 15 janvier 2022. (JACKY BORNET / franceinfo.fr Culture)

Né dans les Hauts-de-France en 2014 sous l’impulsion d’un passionné, Back to the Floyd concrétise le rêve de Cyril Jablonka qui a appris la guitare sur les tablatures de David Gilmour. Il en a trouvé d’autres comme lui, batteur, bassiste, claviériste… pour tourner à travers la France.

Ce Symphonic Show en est l’apothéose, vu la complexité du projet – allier un grand orchestre symphonique à une chorale sur des partitions connues et reconnues. Ainsi les albums Meddle, Dark Side of the Moon, Wish You Were Here, et même le Lucifer Sam de Syd Barrett sur Saucerful of Secrets sont revisités. Evidemment, le groupe n’a pas les moyens du Floyd pour reconstituer le show visuel des concerts originaux, mais les équivalents produits sont dans l’esprit et réussis. Revival !

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