Un « Così fan tutte » revisité, première création de Dominique Pitoiset pour l’Opéra de Dijon

Avec ce Così fan tutte, Dominique Pitoiset signe sa première création avec l’Opéra de Dijon, qu’il dirige depuis un an. Le metteur en scène, qui se dit « fasciné » par cette œuvre de Mozart et du librettiste italien Lorenzo Da Ponte, a voulu replacer cette intrigue amoureuse dans notre époque avec des décors et des costumes contemporains, bien loin du XVIIIe siècle.

Quatre représentations sont prévues les 6, 8, 10 et 12 février à l’Auditorium de Dijon avec, côté musique, le chef Guillaume Tourniaire qui dirige l’Orchestre Dijon Bourgogne et le Chœur de l’Opéra de Dijon.  

FTR

Cet opéra qui fut donné pour la première fois en 1790 à Vienne est souvent taxé de misogynie. Si aujourd’hui il est l’un des plus joués en France et dans le monde, son intrigue et sa musique furent longtemps jugés frivoles, triviaux et même insignifiants par des compositeurs comme Beethoven et Wagner. Il a fallu attendre le début du XXe siècle pour que l’œuvre soit réhabilitée, en partie grâce à Richard Strauss et Gustav Malher.   

Le titre est déjà explicite Così fan tutte, traduisez : « ainsi font-elles toutes, ainsi font les femmes ». Quant à l’intrigue, elle met en scène deux officiers, Ferrando et Guglielmo, épris de deux sœurs, Dorabella et Fiordiligi. Un ami, Don Alfonso, prétend que la fidélité des femmes en général est illusoire. Avec l’aide de la servante Despina, il propose de tester la fidélité des amoureuses. Les deux hommes  font semblant de partir à la guerre, reviennent habillés en Albanais et séduisent les jeunes femmes qui cèdent aux charmes de ces « faux-nouveaux » prétendants.

Così fan tutte revisité par Dominique Pitoiset avec l’Opéra de Dijon. (V. Chatelier / France Télévisions)

Une façon d’accuser les femmes de légèreté ? Pour Dominique Pitoiset, il faut replacer l’œuvre dans son contexte, le XVIIIe siècle, et les deux créateurs aussi,  Da Ponte comme Mozart : « C’est un homme de son temps » explique le metteur en scène.

Così fan tutte n’est pas du tout une œuvre cérébrale. Elle est viscérale

Dominique Pitoiset

metteur en scène et scénographe

Ecrit en cinq mois, cet opéra sans rôle-titre fait le bonheur des six interprètes lyriques (qui ont chacun un moment de gloire avec deux airs dédiés) et des musiciens. Comme le rappelle le chef d’orchestre Guillaume Tourniaire, « Mozart a fait trois opéras avec Da Ponte : Les Noces de Figaro, Don Giovanni et Così fan tutte qu’il composa un an avant sa mort. Ce qui est particulier dans ces trois opéras, c’est cette force de vie qu’on entend dans la musique ». 

Les deux amoureuses, Dorabella /Fiona Mc Gown (à gauche) et Fiordiligi/Andreea Soare (à droite). (V. Chatelier / France Télévisions)

« Così fan tutte », W. A. Mozart, les 6 (15h) / 8, 10 et 12 fév 2022 à 20h, Auditorium de Dijon (Durée 3h30) 

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