que peut obtenir Emmanuel Macron lors de son tête-à-tête avec Poutine ?

L’entourage d’Emmanuel Macron le martèle depuis plusieurs jours : l’objectif, c’est la « désescalade ». Après déjà trois appels téléphoniques, Emmanuel Macron rencontre cette fois en face-à-face Vladimir Poutine, au Kremlin. Un intense ballet diplomatique s’ouvre lundi pour tenter de désamorcer la crise autour de l’Ukraine. Les Occidentaux accusent Moscou d’avoir massé des dizaines de milliers de soldats à la frontière de l’Ukraine en vue d’une potentielle invasion, ce que la Russie dément, affirmant vouloir seulement garantir sa sécurité. 

Le président Macron, dont le pays assume la présidence tournante de l’Union européenne, est attendu lundi 7 février à Moscou vers 16h et la réunion avec le président russe Vladimir Poutine pourrait durer une partie de la soirée. Elle se terminera par une conférence de presse commune, selon l’Élysée. Ils se retrouvent dans un contexte totalement différent, au plus fort d’une crise majeure, avec la menace d’un conflit militaire aux frontières de l’Ukraine.

D’après l’Elysée, Vladimir Poutine aurait dit au téléphone la semaine dernière à Emmanuel Macron qu’il voulait le voir, pour « aller au fond des choses » avec lui. Le fond des choses, pour le Kremlin, c’est remettre à plat l’architecture de la sécurité et des alliances militaires en Europe. Emmanuel Macron a dit qu’il était prêt à en discuter.Mais la France ne peut évidemment rien seule dans ce domaine.

Et l’objectif du Président français sera d’abord d’obtenir un signe de « bonne volonté », quelque chose qui puisse permettre de parler de désescalade de la tension alors que 100 000 soldats russes multiplient les manoeuvres aux frontières de l’Ukraine. Pour Vladimir Poutine, la configuration actuelle est déjà un succès diplomatique : il a réussi à forcer les Occidentaux à prendre en compte ses revendications en matière de sécurité. La question est de savoir si ce sera suffisant pour l’amener à faire une concession.

Rien à voir avec l’offensive russe en Géorgie en 2008 ni avec la prise de la Crimée en 2014 argumente lui-même le chef de l’Etat. « Notre rôle est préventif, il faut faire baisser la tension pour éviter un conflit armé », confie-t-ilà nos confrères du Journal du Dimanche.

Et sa garde rapprochée d’argumenter : « Dans un tête un tête, on peut davantage se dire les choses que lors d’une visio ».

Jusqu’à il y a peu, la relation entre les deux hommes était très distendue. Ils ne sont pas vus depuis l’été 2019, quand Emmanuel Macron avait invité Vladimir Poutine au Fort de Brégançon, officiellement à cause du Covid. Mais aussi parce que les Russes n’étaient pas intéressés. La partie française peut être un peu plus, mais elle était aussi entravée par une partie des pays européens qui ne veulent pas d’un dialogue bilatéral avec la Russie. Cette crise a, de fait, ouvert un espace de discussion. Emmanuel Macron s’est d’ailleurs un peu positionné en représentant en multipliant les coups de fil avant son voyage d’aujourd’hui.

Dimanche 6 février dans la soirée, il a eu le président américain Joe Biden, après avoir notamment téléphoné aux trois dirigieants des États baltes dans l’après-midi, dans une logique de « coordination », dit l’Elysée.

Reste que cet exercice est à double-tranchant pour le chef de l’Etat. Si la situation s’apaise, il peaufine sa stature internationale ; si elle se dégrade, il donnera l’impression de boxer dans le vide. Périlleux à 2 mois du 1er tour de la présidentielle, jugent certains. Commentaire d’un conseiller gouvernemental : »On dit toujours que l’international ne fait pas gagner une élection, mais ça peut faire perdre des points. »

« Oui il y a une part de risque, mais Emmanuel Macron a toujours aimé en prendre »

Un proche d’Emmanuel Macron

à franceinfo

 

Après Moscou, le président français est attendu mardi à Kiev, où il doit rencontrer le président ukrainien Volodymyr Zelensky. 

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