La Fashion Week de Londres, qui ouvre sans Burberry ni Beckham, est-elle en perte de vitesse ?

Succédant à celle de New York et précédant celle de Milan, la semaine de la mode de Londres est consacrée aux collections automne-hiver 2022-23 et se veut désormais « gender neutral » (sans distinction de sexe).

La Fashion Week ouvre ce 18 février pour cinq jours de défilés avec comme la saison dernière, en septembre 2021, deux marques emblématiques absentes – Burberry et Victoria Beckham

37 défilés publics sont au programme dont des marques établies et habituées de ce rendez-vous comme Simone Rocha, Molly Goddard, Roksanda, Erdem ou Rejina Pyo présentant aussi bien des collections féminines que masculines. Mais la désertion de marques historiques, comme lors de l’édition précédante, peut interroger. 

Burberry prévoit un défilé à Londres le 11 mars, hors du cadre de la Fashion Week. Une démarche entamée par beaucoup de marques depuis le Covid qui aujourd’hui présentent leurs collections à leur rythme. De son, côté Victoria Beckham a déjà donné un avant goût en dévoilant mi janvier sa pré-collection automne-hiver 2022-23 à son siège à Londres. 

Structured. Considered. Uncomplicated.
Victoria Beckham Pre Autumn Winter 2022 pic.twitter.com/kbnBD8YaYA

— Victoria Beckham (@victoriabeckham) January 14, 2022

« Nous sommes enchantés d’accueillir cette semaine des présentations qui seront de nouveau hybrides avec quelque 60 présentations numériques et une cinquantaine physiques. Il y a un vrai appétit pour une expérience en personne et je me réjouis à l’idée de voir revenir un public international. Nous ne sommes clairement pas de retour à la normale mais c’est un progrès par rapport à où nous étions en septembre et septembre était déjà une amélioration » a souligné Caroline Rush, directrice du British Fashion Council.

L’an dernier à la même époque, cet événement s’était tenu dans un format 100% virtuel, les défilés avec public étant proscrits dans un pays confiné. Des shows que le public pourra suivre ou revoir sur la plate-forme numérique, lancée en juin 2020 en pleine pandémie. D’autres designers préfèrent conserver un format numérique, comme la reine du punk Vivienne Westwood qui présentera ses créations dans une vidéo.

Get ready for #LFW February presented by @Clearpay_UK, taking place Friday 18th to Tuesday 22nd February 2022. The hybrid schedule will feature catwalks and events throughout London, as well as digital content on the Official Digital Hub. Explore more via https://t.co/9EFlBiZTuD pic.twitter.com/L847pYWk2A

— London Fashion Week (@LondonFashionWk) January 19, 2022

L’absence de grands noms britanniques laisse la part belle aux designers émergents. C’est Sohuman qui ouvrira le bal des défilés, une marque de mode durable créée par l’Espagnol Javier Aparici qui a délaissé une carrière dans la finance pour emprunter le chemin de la mode, promettant une « transparence radicale ». Pour de telles marques émergentes, cette Fashion Week est l’occasion de se faire remarquer à l’image de la créatrice albanaise Nensi Dojaka qui a remporté le prix LVMH 2021 pour les jeunes talents ou S.S. Daley, diplômé en 2020 de l’université de Westminster.

Les stars de demain seront à dénicher parmi les étudiants de la prestigieuse école de mode Central Saint Martins ou les designers sélectionnés par l’incubateur de talents Fashion East. 

Parmi les créateurs en pointe en matière de mode durable, la Britannique Bethany Williams et l’Irlandais Richard Malone présenteront leurs créations.

Egalement dans l’esprit de toucher les amateurs de mode du monde entier, la Serbe Roksanda Ilincic va présenter sa collection sous la forme d’un NFT, jeton numérique certifié, créé par l’Institute of Digital Fashion. Il sera disponible à l’achat sur roksanda.com.

Après avoir été frappé de plein fouet par la pandémie, le secteur de la mode britannique, qui employait quelque 890 000 personnes en 2019, tente de se relever.

Interrogée par l’AFP, Caroline Rush, directrice générale du British Fashion Council, reconnaît qu’il y a eu « quelques années très difficiles » qui s’ajoutent aux effets du Brexit début 2020. La sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne « continue d’être un défi pour l’industrie de la mode, qu’il s’agisse de droits de douane, de paperasse ou de visas pour que les gens puissent travailler dans différents pays, nous continuons à dialoguer avec le gouvernement pour voir ce qui peut être fait ».

Côté situation sanitaire, la levée de restrictions dans de nombreux pays permet le retour d’un public international. « Nous n’aurons pas la présence de personnes de nombreux pays asiatiques qui ne sont toujours pas en mesure de voyager mais (…) on peut toujours faire des affaires », se réjouit Caroline Rush.

Un rapport publié en 2021 par Oxford Economics pour la Fédération des industries créatives et la fédération Creative England, affirmait que « avec les bons investissements », le secteur de la création pourrait récupérer plus rapidement que l’économie britannique dans son ensemble. Cette étude anticipait une croissance de plus de 26% d’ici 2025 pour le secteur et une contribution de 154 milliards d’euros à l’économie britannique

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