Emmanuel Macron favorable à des “sanctions européennes ciblées” contre Moscou

Après la reconnaissance par la Russie des régions séparatistes du Donbass, Emmanuel Macron dit vouloir des “sanctions européennes ciblées” contre Moscou, de quoi peut-il s’agir ?

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Publié le 22/02/2022 09:29

Mis à jour le 22/02/2022 09:29

Temps de lecture : 2 min.

Les sanctions ciblées pourraient notamment viser des oligarques russes proches de Vladimir Poutine, dont les comptes et les avoirs en Europe seraient gelés. Une option sérieusement envisagée par les services de Josep Borrell, le chef de la Diplomatie européenne. D’une façon plus générale, l’Union européenne dit travailler sur tout un paquet de mesures dont le degré de mise en œuvre dépendrait du niveau d’engagement militaire de la Russie. Pour Ursula Von der Leyen, et en cas de guerre déclenchée par Moscou, les sanctions financières infligées par l’Europe verraient la Russie pratiquement coupée des marchés internationaux. La présidente de la Commission évoque aussi des sanctions économiques touchant des biens produits par les européens et dont les russes peuvent difficilement se passer pour moderniser et diversifier leur économie, on pense notamment à la technologie.

Les européens sont prudents en matière de sanctions envers la Russie parce qu’ils savent qu’en allant trop loin dans les sanctions, ils risquent de se pénaliser eux-mêmes, tant l’Union européenne et la Russie sont liées sur le plan commercial. La Russie qui reste le cinquième marché à l’export pour l’Europe avec plus de 80 milliards d’euros de marchandises l’an dernier, et ce malgré les sanctions européennes déjà infligées en 2014, après l’annexion de la Crimée. La Russie, elle, exporte du blé, et surtout du gaz, dont l’Union peut difficilement se passer, puisqu’il représente 40% de ses approvisionnements. Un gaz dont le tarissement par Vladimir Poutine viendrait alourdir un peu plus la facture énergétique de millions de ménages européens. C’est pourquoi les Européens sont si réticents à l’idée de renoncer au très controversé gazoduc Nord Stream 2 reliant la Russie à l’Allemagne, un gazoduc que les américains voudraient fermer avant même sa mise en service en cas d’attaque russe.

Si l’on se fie au lundi 21 février que vient de connaitre la bourse de Moscou, les milieux d’affaires russes réagissent très mal. Son indice phare, le RTS, a chuté de plus de 13% en clôture, un véritable krach, avant même les annonces de Vladimir Poutine. Journée noire aussi pour le rouble qui a dévissé face à l’euro et au dollar, les investisseurs craignant une fuite massive des capitaux en cas de conflit. Sans compter l’envolée de l’inflation et la chute de la croissance qui en résulterait. Des perspectives désastreuses pour une économie déjà fragilisée par des années d’isolement. 

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