Tryo de retour, avec « l’envie de se surprendre et de surprendre le public constamment »

franceinfo : Daniel et Christophe vous faites partie du groupe Tryo, très marqué reggae, avec cette envie de danser, mais en même temps la volonté de souligner ce qui mérite de l’être. C’est ça, votre ADN ?

Christophe : On pourrait dire ça, c’est de la chanson. On est issus de cette tradition de la chanson française engagée et puis, en même temps, elle est festive. Donc, ça porte des messages, ça apporte des valeurs sérieuses et puis parfois, sans trop se prendre au sérieux quand même, parce qu’on est des artistes.

« On a envie de divertir les gens et ça fait 25 ans que ça dure, donc on est engagé, et puis un peu léger aussi. »

Christophe, du groupe Tryo

à franceinfo

Avant de vous voir en concert à l’AccorHotels Arena le 20 mai prochain, vous défendez votre dernier album Chant de bataille, un disque qui définit finalement qui vous êtes. Et d’ailleurs, pour mieux comprendre qui se cache derrière le groupe Tryo, il y a aussi un livre, Chant des possibles, signé par Bertrand Dicale. Quelle est l’histoire de cet ouvrage et de cet album, tous deux indissociables ?

Christophe : C’est simple, on a sorti un album. On devait faire un concert. Et puis voilà une semaine après la sortie de l’album et la veille du concert, on était tous confinés. Donc, on n’a pas pu vraiment fêter les 25 ans ! Et puis, on avait envie de raconter l’histoire de Tryo parce que nous, on trouve que Tryo, c’est une très jolie histoire, une histoire très singulière.

C’est vrai que ce groupe est né en 1995, je voudrais qu’on parle de ses débuts. Ça se passe dans une MJC. À quoi rêviez-vous à ce moment-là ?

Christophe : On rêvait de faire de la musique. On rêvait de vivre de la musique. On était trois potes, parce que Daniel est arrivé après, dans cette MJC et on voulait refaire le monde et on était persuadés qu’on allait y arriver parce qu’on était jeunes. On avait 18 ans quand le groupe a commencé. Jamais on ne s’est dit : « On va faire un groupe ». Ce sont nos amis qui ont créé le groupe Tryo en nous entendant dans les soirées, mélanger nos voix, mélanger nos compositions sur la base reggae que Guizmo nous amenait. Ce sont eux qui ont dit : « Ah, mais c’est génial ce que vous faites, alors on va vous mettre en première partie ». Et puis, c’est le public qui a créé le groupe et ça raconte bien l’histoire du groupe.

« 25 ans après, c’est encore le public qui nous porte et grâce à qui on est là. »

Christophe, du groupe Tryo

à franceinfo

Daniel : Il faut aussi remettre les choses dans leur contexte. À l’époque, il n’y avait pas internet. Le bouche à oreille était quelque chose de naturel et de spontané. Il y avait des cassettes qui circulaient et même avant qu’il y ait le premier album, ça circulait déjà comme ça. Et puis les médias sont venus après.

Vous avez apporté aussi un côté circassien, c’est-à-dire cet amour de la scène, des artisans, de tout cet univers finalement limite « clownesque », ce côté saltimbanque. Vous le revendiquez ?

Christophe : On vient du milieu associatif, on vient du milieu de la rue, donc du mélange, de la fusion avec d’autres arts. Et puis, c’est une scène qui est toujours ouverte, comme dans la rue. C’est une scène qui n’a pas de limites, donc on invite des gens. Je pense que ça vient de notre ADN de la rue.

Daniel : Et puis, je pense qu’il y a aussi l’envie de se surprendre et surprendre le public constamment, de ne pas se laisser aller à faire constamment la même chose, mais nous-mêmes aussi, à chaque fois, d’ouvrir la scène et se surprendre.

Chant de bataille est une chanson qui bouleverse, qui est bouleversante. On ne peut pas rester indifférents devant le texte de cette chanson.

Christophe : C’est une chanson qui parle d’un enfant qui a été harcelé et qui revient longtemps après sur son champ de bataille, sur son collège : « Mon collège, mon champ de bataille », ça parle de ça. Et c’est aussi une chanson où la personne s’adresse à ses parents, comme s’il écrivait une lettre et qu’elle disait à ses parents, voilà, je ne vous ai rien dit tout ce temps et aujourd’hui, des années après, je vous apprends ce qui s’est passé dans ce collège. J’ai écrit le texte et puis j’avais énormément de mal parce que ça me touchait, même en parlant là ça m’émeut et je n’arrivais pas à faire la musique dessus.

Donc, j’ai appelé Ours, le fils d’Alain Souchon, qui est un grand ami, et je lui ai dit : tiens, est-ce que tu peux essayer de faire une musique dessus ? Et c’est devenu cette chanson, en effet, qui est un peu incontournable de l’album et qui porte le nom de l’album, Chant de bataille.

Chant de bataille est une belle définition de ce que vous êtes devenus et de ce que vous êtes depuis vos débuts ?

Christophe : Je crois. Tu sais, à chaque fois qu’on sort un album, on pense toujours que c’est le meilleur.

Daniel : On est toujours contents de la dernière chose qu’on a faite !

Christophe : C’est un album qu’on a vachement peaufiné. Donc, du coup, c’est un album qui est assez préparé. Je ne dis pas que les autres ne l’étaient pas, mais disons que c’est un album peut-être, dans l’écriture, un peu plus cérébral que les autres.

À lire : Chant des possibles, biographie du groupe signée Bertrand Dicale, aux éditions GM.

Articles connexes

Stay Connected

0FansJ'aime
3,505SuiveursSuivre
0AbonnésS'abonner

ne manquez pas