près de 40 % de la population du Tigré « en pénurie extrême de nourriture »

Près de 40% de la population souffre d’une « pénurie extrême de nourriture » dans la région éthiopienne du Tigré, ravagée par la guerre depuis bientôt 15 mois, a annoncé vendredi le programme alimentaire mondial (PAM).

Cette situation dramatique est aggravée par la réduction des activités humanitaires dans la région en raison des pénuries de carburant et d’un regain des combats qui limitent les possibilités d’acheminement de l’aide. Plus tôt vendredi, le Bureau de coordination humanitaire de l’ONU (Ocha) a annoncé que les ONG humanitaires internationales avaient épuisé leur stock de carburant, se voyant contraintes de « délivrer à pied le peu de fournitures et de services humanitaires restants, dans la mesure du possible ».

Selon la dernière évaluation de la situation alimentaire réalisée par le PAM, 83% des Tigréens sont en situation d’insécurité alimentaire, parmi lesquels « 13% des enfants tigréens de moins de 5 ans et la moitié des femmes enceintes et allaitantes souffrent de malnutrition ». « Les familles épuisent tous les moyens pour se nourrir, les trois-quarts de la population utilisant des stratégies d’adaptation extrêmes pour survivre », indique l’agence onusienne dans un communiqué.

Un « blocus de facto »

« Les régimes alimentaires s’appauvrissent de plus en plus à mesure que les denrées alimentaires s’épuisent et les familles dépendent presque exclusivement des céréales, tout en limitant les portions et le nombre de repas qu’ils prennent chaque jour », ajoute-t-elle. Le PAM alerte aussi sur la situation alimentaire qui s’aggrave dans les régions voisines de l’Amhara et de l’Afar, également durement touchées par les combats de ces derniers mois.

« Le PAM fait tout ce qui est en son pouvoir pour que nos convois de vivres et de médicaments traversent les lignes de front », a déclaré Michael Dunford, directeur régional du PAM pour l’Afrique de l’Est, dans le communiqué. « Mais si les hostilités persistent, il est nécessaire que toutes les parties au conflit acceptent une pause humanitaire et des couloirs d’acheminement, afin que les fournitures puissent atteindre les millions de personnes assiégées par la faim », a-t-il ajouté.

Les combats ont éclaté en novembre 2020 dans le nord de l’Éthiopie après que le Premier ministre Abiy Ahmed a envoyé des troupes pour renverser le TPLF, ancien parti au pouvoir au Tigré qu’il accusait d’avoir organisé des attaques contre des bases de l’armée.

Région de six millions d’habitants, le Tigré est soumis depuis six mois à ce que l’ONU qualifie de « blocus de facto ».

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