le festival Sons d’Hiver se connecte aux musiques du monde entier

Dans les années soixante, le jazz vivait une révolution en s’ouvrant aux musiques modales d’Inde et d’Orient, aux rythmes de l’Afrique, aux Caraïbes, à la bossa nova… Le festival Sons d’Hiver, en Val-de-Marne et à Paris, emprunte toutes ces voies.

A commencer dès ce week-end, avec une création samedi  29 janvier née de la rencontre du jazz et des rythmes, chants et danses traditionnels d’Haïti, puis la nouvelle scène jazz made in Afrique du Sud, dimanche 30 au Musée du Quai Branly à Paris.

Samedi à Fontenay-sous-Bois, le batteur-percussionniste Ches Smith et le guitariste Marc Ribot mêleront leurs sons avec ceux de l’île d’Haïti. « Cette soirée est partie de discussions avec Ches Smith, représentant de la nouvelle garde des jazzmen new-yorkais, et Marc Ribot, qui a accompagné Tom Waits, John Zorn et même Bashung, et qui a sa carrière propre », confie à l’AFP Fabien Simon, directeur de Sons d’Hiver, qui vit sa 31e édition.

« Ils ont une connexion assez forte avec Haïti. Il se trouve qu’à New York, il y a une grande communauté de musiciens haïtiens ayant émigré aux USA, donc c’est la rencontre entre le jazz avant-gardiste new-yorkais et la culture traditionnelle vaudou haïtienne, incarnée par un collectif haïtiens de New York, Paris et Port-au-Prince, et des musiciens américains », poursuit Fabien Simon.

Marc Ribot, qui fut l’élève de Frantz Casseus, compositeur et guitariste haïtien du XXe siècle, va jouer son rôle d’électron libre, apporter son grain de sable, ses accords dissonants et ses distorsions, dans la tradition pure d’une cérémonie vaudou haïtienne.

Au tour dimanche 30 janvier de la nouvelle scène jazz sud-africaine de s’exprimer. « Le jazz est une musique mondiale qui s’inspire d’autres esthétiques et d’autres cultures, au contact desquelles elle s’enrichit pour devenir parfois une nouvelle musique », souligne Fabien Simon.

La formation The Brother moves on est un avatar de cette nouvelle génération de musiciens sud-africains, qui apportent à leur jazz des sonorités de divers endroits du pays mais aussi de la pop, des musiques électroniques et du hip-hop. 

Autres exemples de syncrétisme entre jazz et musiques d’autres mondes, thème récurrent du festival : les maîtres musiciens de Jajouka dans le rif marocain invitant des musiciens de free jazz afro-américains (en clôture le 19 février à Créteil), ou la Itiberê Orquestra Familia (5 février à Cachan).

Sous la direction de Itebere Zwarg, ancien bassiste du grand rénovateur de la musique populaire brésilienne Hermeto Pascoal, une vingtaine de musiciens français vont interpréter une musique brésilienne baroque et luxuriante, avec une approche libre et naturelle, où priment la richesse des timbres et l’improvisation.

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