« La morosité » de la campagne de Yannick Jadot « est celle de tous les candidats de gauche », juge un politologue

« Être crédible sur des enjeux socioéconomiques au cours des prochains mois ». Tel est, selon Florent Gougou, chercheur en science politique à Sciences Po Grenoble, le défi de Yannick Jado. Le candidat EELV à la présidentielle a présenté son programme samedi 29 janvier, à Lyon. « La morosité qui semble attaché à [sa] candidature est d’abord celle de tous les candidats de gauche », a ajouté le politologue, invité de franceinfo.

franceinfo : Est-ce que la dynamique de campagne de Yannick Jadot peut changer ?

La campagne électorale, depuis qu’elle est lancée, depuis septembre dernier, est complètement vampirisée par ce qu’il se passe à droite de l’échiquier politique et le match qui paraît entamé entre Eric Zemmour, Marine Le Pen et dans lequel s’est glissée Valérie Pécresse à la suite du Congrès des Républicains. Et la morosité qui semble attaché à la candidature de Yannick Jadot est d’abord celle de tous les candidats de gauche. Le diagnostic qui est posé par les observateurs de la vie politique, c’est d’abord celui d’une formidable division, sans discuter de ce qu’ils proposent et de ce que pourrait être une présidence de gauche à l’issue de l’élection présidentielle.

Comment Yannick Jadot doit-il rassembler au-delà des seuls militants écologistes ?

Yannick Jadot, son électorat est largement à gauche. Et dans ce cadre-là, il a un adversaire principal qui est Jean-Luc Mélenchon. Il doit se positionner par rapport à cet adversaire-là au premier tour. On a bien compris que tous les deux avaient l’intention de maintenir leur candidature jusqu’au mois d’avril 2022. Et au fond, ils veulent que ce soit les électeurs qui arbitrent qui est le meilleur candidat de gauche.

Ce que disent les dernières enquêtes d’opinion, c’est que Yannick Jadot est considéré par l’ensemble de l’électorat comme étant le candidat le plus crédible sur l’écologie, et que Jean-Luc Mélenchon est considéré comme étant le plus crédible sur les questions de pouvoir d’achat.

Florent Gougou

à franceinfo

Donc, on voit bien que ce sont les deux grands thèmes principaux des préoccupations des électeurs de gauche. Pour l’instant, le fait qu’il y ait une forme d’équilibre entre les deux candidats vient largement du fait qu’aucun n’arrive à être crédible sur les deux enjeux à la fois. C’est un des défis de Yannick Jadot : être crédible sur des enjeux socioéconomiques au cours des prochains mois.

Est-ce que le résultat de la primaire populaire peut changer son positionnement, qu’il arrive en tête ou non dimanche ?

La primaire populaire, c’est rappeler la petite couronne de chevaux. Qui est le meilleur candidat, sans discuter des préoccupations des Français, et comment est-ce que les candidats de gauche pourraient imposer un agenda qui leur soit favorable à eux ? Pour le moment, l’agenda est largement dominé par les questions d’identité autour du duo Zemmour- Le Pen. Et on a du mal à entendre les préoccupations des électeurs de gauche. Peut-être que la primaire populaire va permettre de régler la question de la candidature. J’en doute très fortement. Pour la gauche, l’enjeu restera le même : essayer d’imposer ses thèmes au centre du débat public. Et là, il y a beaucoup de travail à faire.

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