qui sont les cinq postulants au scrutin interne des Républicains pour désigner leur candidat ?

Après des mois d’incertitude, Les Républicains savent comment sera désigné leur candidat à l’élection présidentielle de 2022 et qui est en course. Le parti a annoncé, jeudi 4 novembre, que Valérie Pécresse, Philippe Juvin, Eric Ciotti, Xavier Bertrand et Michel Barnier avaient déposé plus de 250 parrainages, ce qui les qualifie pour le scrutin interne organisé lors du congrès du 4 décembre. Une liste sans surprise : l’entrepreneur Denis Payre, seul autre candidat déclaré, avait déjà annoncé mardi qu’il déposerait un recours contre cette barrière des signatures (il dit en avoir récolté une trentaine).

>> INFOGRAPHIE. Qui sont les prétendants à l’élection présidentielle 2022 ? Consultez notre liste des candidats actualisée au fil de la campagne

Le vote sera ouvert aux adhérents des Républicains à jour de cotisation – ils ont jusqu’au 16 novembre pour le faire. Le parti a annoncé mercredi avoir passé la barre des 100 000 adhérents. Franceinfo vous résume le parcours et les principales propositions de ceux qu’ils devront départager.

Michel Barnier

Quel est son parcours ? Le plus âgé (70 ans) des candidats à ce scrutin a été ministre sous François Mitterrand, Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy, notamment aux Affaires étrangères. Passé par la Commission européenne, il est revenu dans la lumière en endossant le rôle de négociateur en chef de l’Union européenne dans le cadre des pourparlers avec Londres sur le Brexit.

Début 2021, une fois cette page tournée, il avait laissé filtrer son intérêt pour une candidature présidentielle. Il s’est finalement déclaré fin août, et ne s’était pas opposé à l’organisation d’un scrutin entre les candidats.

Que propose-t-il ? Sans surprise, il met en avant son expérience et sa fidélité au parti (par opposition aux départs de Valérie Pécresse et Xavier Bertrand). Il a dérouté ses anciens camarades de Bruxelles en proposant de s’affranchir temporairement du droit européen en matière d’immigration, sur laquelle il veut un « moratoire ». Il veut fusionner toutes les allocations sociales en une seule qui serait plafonnée, et suspendre celles des demandeurs d’emploi s’ils refusent deux offres « raisonnables ». Il estime aussi nécessaire d’augmenter les salaires des enseignants.

Qui sont ses soutiens ? Il est le candidat qui a déposé le plus de parrainages d’élus, avec 702 signatures (il en fallait au moins 250) dont 62 parlementaires, davantage que ses rivaux selon Le JDD. Quand franceinfo a sondé les présidents des 101 fédérations départementales LR, il était le candidat qui recueillait le plus de soutiens (28). Il a aussi reçu le soutien de l’ancienne secrétaire d’Etat Nadine Morano. En revanche, le sondage auprès des sympathisants de la droite commandé par Les Républicains le faisait apparaître en troisième position des candidats jugés comme les plus à même de se qualifier pour la présidentielle.

Xavier Bertrand

Quel est son parcours ? Ancien agent d’assurances, Xavier Bertrand, 56 ans, a été ministre de la Santé et du Travail, puis est devenu président de la région Hauts-de-France en 2016, l’emportant face à Marine Le Pen. Il a été réélu en juin dernier.

Il a également dirigé le parti pendant deux ans, à l’époque où il s’appelait encore l’UMP. En 2017, il quitte Les Républicains quand Laurent Wauquiez accède à la présidence du parti. Il s’est déclaré candidat à l’élection présidentielle en mars dernier mais a très longtemps refusé de passer par une primaire, espérant s’imposer comme le candidat « naturel » de la droite. Ce n’est qu’en octobre qu’il a accepté le principe du vote interne et a repris sa carte du parti.

Que propose-t-il ? S’il est élu, Xavier Bertrand promet qu’il ne sera pas candidat à un second mandat. Il souhaite abaisser la majorité pénale à 15 ans, rétablir des peines plancher et permettre aux procureurs de prononcer des peines sans l’intervention d’un juge. Il propose de repousser de deux ans l’âge de la retraite, de durcir les conditions d’indemnisation du chômage et de porter à 1 500 euros minimum les revenus mensuels des salariés à temps plein via une prime.

Qui sont ses soutiens ? Son porte-parole, Pierre-Henri Dumont, a annoncé le 27 octobre le dépôt de 427 parrainages d’élus, mais assure que Xavier Bertrand en a reçu plus de 500. Parmi eux, 58 parlementaires LR, précise Le JDD. Dix-huit présidents de fédération départementales ont dit à franceinfo le soutenir, soit moins que pour Michel Barnier mais davantage que pour ses autres concurrents. Au sein du parti, il a reçu le soutien de Damien Abad, président du groupe LR à l’Assemblée nationale. Par ailleurs, l’étude commandée par Les Républicains à l’institut Ifop, dans l’espoir de départager les candidats, concluait que Xavier Bertrand était considéré par les sympathisants comme ayant le plus de chances de porter la droite au second tour. Mais le parti a tout de même choisi de s’en remettre à un vote pour trancher.

Eric Ciotti

Quel est son parcours ? Eric Ciotti, 56 ans, n’a jamais été ministre mais il est depuis 2007 député de son fief des Alpes-Maritimes, dont il a aussi présidé pendant près de neuf ans le conseil départemental. Il a dirigé la commission d’enquête de l’Assemblée sur la gestion de la crise du Covid-19.

Il s’est déclaré candidat à l’élection présidentielle fin août, plaidant d’emblée pour l’organisation d’une primaire.

Que propose-t-il ? Très investi sur les questions de sécurité et d’immigration, Eric Ciotti propose notamment une « priorité nationale » et européenne pour l’accès à l’emploi, aux allocations et au logement. Il promet le retour aux 39 heures de travail hebdomadaire et la suppression de 250 000 postes de fonctionnaires. Se revendiquant de l’aile la plus à droite de son parti, il a déclaré qu’il voterait plutôt pour Eric Zemmour si le polémiste affrontait Emmanuel Macron au second tour de la présidentielle.

Qui sont ses soutiens ? L’équipe d’Eric Ciotti annonçait mardi qu’il déposerait environ 400 parrainages, bien au-delà du seuil de 250. Le JDD comptabilisait 21 soutiens du député parmi les parlementaires LR. D’après le recensement de France Télévisions, il est soutenu par deux des présidents de fédérations départementales, mais l’un d’eux n’est autre que… lui-même, qui dirige celle des Alpes-Maritimes. Il n’a pas de soutien déclaré parmi les ténors du parti.

Philippe Juvin

Quel est son parcours ? Philippe Juvin, 57 ans, est médecin anesthésiste-réanimateur et professeur. Il est actuellement chef des urgences de l’hôpital européen Georges-Pompidou, à Paris. C’est sans doute sous cette casquette qu’il est le plus connu du grand public, notamment depuis la crise du Covid-19, dont il a critiqué la gestion dans un livre.

Il est aussi engagé en politique de longue date. Maire de La Garenne-Colombes (Hauts-de-Seine) depuis vingt ans, président de la fédération LR du département, il a aussi été député européen pendant près de dix ans, jusqu’en 2019. Il a déclaré sa candidature à l’élection présidentielle en juillet.

Que propose-t-il ? Il présente la gestion de la crise du Covid-19 comme le déclic ayant motivé sa candidature et affirme vouloir être « le candidat des services publics » et leur modernisation. Il promet aussi une baisse « massive » des impôts et veut transférer davantage de pouvoirs aux collectivités locales, et davantage de moyens financiers aux zones rurales.

Qui sont ses soutiens ? Philippe Juvin a passé d’un cheveu le seuil de parrainages d’élus demandés, déposant 270 signatures. Un seul parlementaire LR a dit le soutenir au JDD, et reste anonyme. Il apparaît comme soutenu par un président de fédération LR dans le sondage de France Télévisions, mais il s’agit de lui-même, à la tête de celle des Hauts-de-Seine.

Valérie Pécresse

Quel est son parcours ? Valérie Pécresse, 54 ans, a d’abord été députée des Yvelines, puis ministre, de l’Education et du Budget, et porte-parole du gouvernement. Elle préside la région Ile-de-France depuis 2015.

Candidate déclarée à la présidentielle depuis juillet, elle plaidait pour l’organisation d’une primaire. Pour participer au vote interne finalement organisé, elle a repris sa carte du parti, qu’elle avait quitté en 2019 en opposition à la ligne de Laurent Wauquiez, fondant Libres !, sa propre formation. 

Que propose-t-elle ? Valérie Pécresse a promis de supprimer près de 200 000 postes de fonctionnaires dans l’administration. Son programme sécuritaire repose sur la construction de places de prison et la hausse du budget de la Justice, pour que les jugements soient rendus plus rapidement. Elle souhaite que les demandeurs d’asile déposent leurs dossiers dans les ambassades de France à l’étranger. Et propose de taxer à la frontière de l’UE les produits qui ne respectent pas les normes écologiques européennes.

Qui sont ses soutiens ? L’entourage de Valérie Pécresse dit à l’AFP avoir déposé « bien plus » de 250 parrainages, et assure même disposer des 500 signatures nécessaires pour se présenter à la présidentielle. Mais il ne donne pas de décompte exact, au nom du refus de la « course aux chiffres ». Le JDD, qui a interrogé tous les parlementaires LR, a trouvé 48 soutiens de la candidate, un peu moins que Michel Barnier et Xavier Bertrand. Même constat pour notre enquête auprès des présidents de fédérations, qui sont 13 à souhaiter sa victoire. Les anciens ministres Brice Hortefeux et Gérard Longuet se sont ralliés à elle. D’après le sondage commandé par LR et rendu en septembre, 27% des sympathisants la voyaient comme ayant le plus de chances d’accéder au second tour de la présidentielle, loin derrière Xavier Bertrand (45%) mais devant Michel Barnier (17%).

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