les défenseurs de la nature portent plainte

L’ASBL natur&ëmwelt et le Mouvement écologique ont déposé ensemble une plainte à l‘encontre du gouvernement luxembourgeois auprès de la Commission européenne.

C’en est trop ! L’ASBL natur&ëmwelt et le Mouvement écologique ont décidé de déposer une plainte à l‘encontre du gouvernement luxembourgeois auprès de la Commission européenne. La colère des deux associations est liée à la disparition des prairies maigres de fauche de basse altitude et de la disparition de la perdrix grise dans le pays, un habitat et un oiseau pourtant protégés au niveau européen et national. Mais, plus globalement, c’est l’absence de tout recours de l’État luxembourgeois pour éviter ces pertes d’habitats ou pour sauver des espèces protégées que pointent du doigt les deux plaignants.

Selon les deux associations, la mise en péril spécifiquement de ce type de prairies maigres et de la perdrix grise par le gouvernement «enfreint de facto le droit communautaire européen qui interdit clairement toute détérioration de l’état de conservation des habitats et espèces protégés en Europe via la directive 92/43/CEE». Cette plainte s’inscrit aussi dans le cadre de la politique agricole commune dont les négociations ont pris fin en juin dernier. Le document ne permet pas à l’agriculture d’entrer dans un cercle vertueux, selon les deux associations. «Le fait est que la PAC nouvellement négociée continue de miser sur des subventions généreuses par le biais de primes à la surface et d’aides à l’investissement, au lieu de rétribuer équitablement les prestations sociétales telles que la protection de l’environnement et du climat, la préservation de la biodiversité et les efforts visant à améliorer le bien-être des animaux», expliquent l’ASBL natur&ëmwelt et le Mouvement écologique. D’après ces derniers, l’agriculture inadaptée est liée à la disparition des prairies maigres de fauche de basse altitude et de la perdrix grise.

Aujourd’hui, la perte de la biodiversité se poursuit sans relâche au Luxembourg, selon les deux associations, en particulier dans les zones cultivées situées dans le paysage ouvert. Le dernier rapport sur les directives habitats et oiseaux de 2019  ainsi que les dernières observations publiées par l’Observatoire de l’environnement naturel la démontrent. Il fallait donc taper du poing sur la table.

Une situation désastreuse

La perdrix grise était très fréquente dans la campagne grand-ducale. Les prairies maigres de fauche de basse altitude sont un habitat typique du paysage culturel et qui offre aux insectes (ainsi qu’à tous les oiseaux et mammifères dépendants des insectes comme source de nourriture) un habitat crucial pour leur survie. Tant l’habitat que l’espèce d’oiseau ont fait l’objet de nombreux programmes et initiatives de protection au cours des dernières décennies. Malgré ces efforts et la protection juridique élevée, tant les prairies maigres de fauche que les populations de perdrix au Luxembourg ont considérablement diminué au cours des dernières décennies. Ainsi, lors des neuf dernières années, un peu plus d’un quart, soit 8 km2, des prairies maigres de fauche ont disparu, et en 2020, seules 4 paires de Perdrix ont pu être détectées pour l’ensemble du pays!

L’ASBL natur&ëmwelt et le Mouvement écologique rappellent que l’intensification de l’agriculture mise en cause dans ce gâchis repose en grande partie sur des mécanismes de subvention étatiques. Pour les deux associations, le gouvernement luxembourgeois s’est aussi «jusqu’à présent abstenu d’utiliser les moyens et  les espaces de liberté de la politique agricole nationale pour préserver et promouvoir les habitats protégés et les espèces menacées». Elles ajoutent : «La situation actuelle désastreuse, qui fait que le gouvernement luxembourgeois enfreint le droit européen et bafoue ses propres responsabilités, ne peut être améliorée que par une action cohérente et concertée des ministères et des administrations compétentes.» De nombreuses mesures peuvent être prises dès maintenant par les services de l’État pour rectifier le tir soulignent les deux plaignants, mais «si le gouvernement luxembourgeois continue à ignorer son non-respect de la législation européenne et de sa responsabilité dans le cadre de la protection des habitats riches en espèces et des espèces menacées, il encourt non seulement le risque de se voir infliger des pénalités importantes, mais met également en jeu sa crédibilité dans la lutte contre la perte de la biodiversité», martèlent l’ASBL natur&ëmwelt et le Mouvement écologique.

LQ

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