Impôts, retraites, nucléaire, international… Ce qu’il faut retenir de l’interview de Xavier Bertrand sur franceinfo

Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France, candidat à l’élection présidentielle 2022, était le premier invité des « matins présidentiels » de franceinfo, lundi 4 octobre. Il s’est notamment exprimé sur la taxe d’habitation, la réforme des retraites, le nucléaire ou encore la santé.

Xavier Bertrand membre du parti Les Républicains, n’est pas favorable à l’organisation d’une primaire pour désigner le futur candidat de la droite à l’élection présidentielle 2022 et souhaite que ses concurrents se rangent derrière lui. Dans deux mois, le 4 décembre prochain, les militants sont invités à choisir leur candidat lors d’un congrès. Une échéance trop tardive, slon Xavier Bertrand : « Je pense que le 4 décembre, c’est très tard pour se mettre d’accord, pour s’entendre et se parler. » Le président des Haust-de-France ne veut pas « faire campagne contre des amis avec qui [il veut] gouverner la France. »

Impôts, retraites, chômage

Xavier Bertrand explique sa volonté d’augmenter les impôts sur les Gafam (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft) : « C’est une blague, ce qui est fait aujourd’hui, assure le candidat. Ils se font un fric fou, ne paient quasiment pas d’impôts et déclarent ça à l’étranger. Je m’occupe d’eux. »

Sur la taxe d’habitation qui doit être supprimée d’ici 2023, Xavier Betrand assure vouloir « aller jusqu’au bout de la suppression de cet impôt ».  Concernant les impôts de production, l’ancien ministre est favorable à leur baisse : « Avant même de savoir si une entreprise industrielle va gagner de l’argent, elle paye des impôts, et après on s’étonne d’avoir désindutrialisé en France. Je suis pour une baisse de 35 milliards d’euros sur le quinquennat des impôts de production. »

Xavier Bertrand a ensuite expliqué sa volonté de réformer le régime des retraites actuel : « A la fin de cette décennie, il faudra que l’on arrive à deux années de travail en plus. Je présenterai une réformes des retraites pour que l’on augmente d’un trimestre par an la durée au travail. Ce qui veut dire que progressivement, on sera à 64 ans à la fin de cette décennie. »  Un recul de l’âge de la retraite, « mais pas pour tout le monde », nuance-t-il : « Pas pour ceux qui sont usés par le boulot. »

Sur l’assurance chômage, l’ancien ministre veut « une réforme beaucoup plus importante, beaucoup plus ambitieuse et qui soit tournée vers le retour à l’emploi. » Xavier Bertrand développe : « Je tends la main mais il faudra saisir la main tendue. Il faut proposer aux demandeurs d’emploi une formation ou un emploi digne de ce nom et, en cas de refus, à partir de la deuxième fois, il y aura une baisse des indemnités. » Pour le candidat, la France « ne peut pas rester ce pays où vous pouvez dire non à trois ou quatre ou cinq offres d’emploi et où il ne se passe rien. Je veux donner une chance de revenir vers l’emploi. » 

Environnement et santé

« Je ne descendrai pas la part du nucléaire à 50% », a affirmé Xavier Bertrand. « Jamais on n’aurait dû fermer Fessenheim, c’est une folie.De nouveaux réacteurs nucléaires doivent être lancés », a-t-il déclaré.

Xavier Betrand veut que la France « garde son indépendance énergétique, qu’elle ne dépende pas des Russes, qu’on ne soit pas au bon vouloir de Vladimir Poutine et de la façon dont on va nous fournir du gaz. La seule façon de ne pas voir une explosion de la facture d’énergie dans les années qui viennent c’est de rester maître de notre destin. »

Un quart des éoliennes terrestres en France sont implantées dans les Hauts-de-France. Cette technologie ne convainc pas Xavier Bertrand. « Vous croyez que ce sont les éoliennes qui ne tournent pas tout le temps qui vont nous fournir l’énergie dont on a besoin pour toutes les voitures électrique ? » Avec les éoliennes « on est en train de massacrer les paysages sans rien dire. Tout cela nous coûte un argent fou. »

A la question de savoir quelle est la première mesure à prendre pour l’hôpital, Xavier Bertrand – ancien ministre de la Santé et artisan de la tarification à l’acte – répond : « Oui, je suis pour la tarification à l’activité parce qu’elle permet de rémunérer en fonction de l’activité des services et des hôpitaux. » Et le président des Hauts-de-France de poursuivre : « Je pense que l’hôpital répond à des exigences auxquelles nul autre établissement ne doit répondre. » Pour Xavier Bertrand, il n’y a pas que les hôpitaux publics : « Il y a aussi le système libéral. Les cliniques privées apportent aussi tout un service […] Il faut revaloriser mais aussi reconnaître. »

Politique

Le candidat à la présidentielle s’engage aussi à ne faire qu’« un seul mandat » pour mettre en œuvre, en cinq ans, son programme axé sur les trois « chantiers » que sont « l’autorité, le travail et les territoires ». 

S’il est élu président de la République, Xavier Bertrand ne travaillera pas avec des personnalités, même de droite, qui ont été dans le gouvernement sous Emmanuel Macron, comme Gérald Darmanin ou Bruno Le Maire. « Ministre avec Macron, ce ne sera pas ministre avec moi », a expliqué le candidat à la présidentielle, soulignant qu' »il n’y a rien de personnel » à cela.

En ce qui concerne les réformes sociétales, Xavier Bertrand souhaite « une pause » pour « arrêter des tensions entre les Français », en référence aux mobilisations contre le mariage pour tous et la PMA pour toutes.

International

« On n’a jamais eu autant de difficultés avec autant de nos alliés », déplore Xavier Bertrand qui est revenu sur l’affaire des sous-marins australiens avant de s’interroger : « Où va l’Otan ? Est-ce que l’Otan est une machine à faire la guerre froide avec les Chinois ? Ou à faire la guerre tout court avec les Chinois ? » Xavier Bertrand estime que la France doit se faire respecter sans entrer en conflit avec ses alliés. « La France est un pays qui a un siège au Conseil de sécurité de l’ONU », a rappelé Xavier Bertrand qui se dit « attaché de façon viscérale à cette question de l’indépendance française qui nous permet d’avoir un rayonnement et un rôle qui sont sans pareil par rapport à de nombreux autres pays ».

Enfin, le retrait partiel des troupes françaises au Sahel, « c’est une erreur de réduire les effectifs français parce qu’il faut que l’on permette de lutter contre le terrorisme. » Xavier Bertrand a rappelé l’importance de combattre l’islamisme au Mali même si cela peut paraitre loin de la France : « Nous protéger au Mali, c’est nous protéger au coin de la rue », a-t-il affirmé

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