Covid Chek obligatoire : «C’est le prix de la liberté»

Le Premier ministre et la ministre de la Santé ont annoncé les nouvelles mesures qui vont rendre plus difficile la vie des non-vaccinés. L’objectif est d’atteindre un taux de 85% de vaccinés pour lever les mesures.

«Nous n’avons pas le choix», a déclaré vendredi le Premier ministre, Xavier Bettel, en annonçant les nouvelles mesures sanitaires qui entreront en vigueur le 1er novembre. Le Covid Check devient obligatoire dans tous les cafés et restaurants sans possibilité de faire des autotests à l’entrée, dès l’âge de 12 ans. «Il y a eu des abus et, dorénavant, les tests seront réalisés par un personnel médical qualifié», précise Paulette Lenert, la ministre de la Santé.

Ce n’est pas seulement le secteur Horeca qui est concerné, mais plus largement toutes les entreprises, si elles le veulent. Dès le 1er novembre, un employeur pourra exiger la présentation d’un Covid Check à ses employés pour accéder sur leur lieu de travail. Selon Paulette Lenert, «il faudra s’arranger avec le droit du travail» et l’employeur pourra faire du cas par cas, mais en tout cas il aura la possibilité de l’imposer.

Pour Xavier Bettel, «il s’agit de permettre à la majorité de la population de retrouver plus de normalité alors qu’une minorité les en empêche». Bien conscient de compliquer considérablement la vie des non-vaccinés, le Premier ministre dit n’avoir plus le choix, car ses espoirs ont été contrariés. Depuis sa dernière prestation et son appel à se faire vacciner, seuls 1,2% l’ont entendu. «Ce n’est malheureusement pas suffisant», admet Xavier Bettel.

Même si la situation au Grand-Duché s’est nettement améliorée, il faut relever néanmoins une légère hausse du taux de positivité qui atteint 2,67%. «Dans les hôpitaux, il y a encore cinq patients en soins intensifs, la majorité sont des non-vaccinés, ce qui prouve l’efficacité de la vaccination», défend Xavier Bettel.

Cette hausse est probablement due à la fin de la saison estivale. Les terrasses commencent à être rentrées et les consommateurs se retrouvent à l’intérieur. C’est ce qui inquiète le plus le gouvernement, qui a décidé de frapper fort pour forcer la main aux derniers réticents. Son objectif est d’atteindre 80 à 85% de taux de vaccination alors que le pays reste à la traîne avec 73% de vaccination complète. Si on retient ceux qui ont déjà eu une première injection, reste encore 23,1% de la population à convaincre. «Nous avons près d’un quart de la population non vaccinée et ce qui me préoccupe ce sont les personnes de plus de 60 ans, parmi les plus vulnérables, qui n’ont pas répondu à l’invitation», regrette le Premier ministre en énumérant, comme le fera aussi Paulette Lenert, toutes les facilités qui leur étaient offertes. Des vaccinations sans rendez-vous, le bus itinérant, une présence sur les grands évènements,  la possibilité de se faire vacciner chez son médecin généraliste, etc. Mais les chiffres stagnent et Xavier Bettel craint une hausse de la positivité dans l’arrivée du froid qui poussera les gens dans des locaux fermés. «La vaccination, c’est la seule solution et nous sommes arrivés à un point où le gouvernement ne peut plus se contenter d’observer et se voit dans l’obligation d’introduire de nouvelles mesures pour les réunions en intérieur», se justifie-t-il.

Esch et Ettelbruck rouvrent

Pour les lieux de travail, les administrations publiques sont bien entendu concernées. Un agent qui refusera de se faire contrôler n’aura pas accès à son poste. «Des sanctions existent déjà si l’on refuse un test», rappelle Paulette Lenert.

Les autotests rapides seront toujours valables dans les maisons de retraite et à l’école, en revanche. Pour tous les autres, seuls les tests réalisés par des professionnels de la santé seront acceptés, à faire en pharmacie ou en laboratoire.

Pour inciter les gens à se faire vacciner, les centres de vaccination d’Esch-sur-Alzette et Ettelbruck seront ouverts du 16 octobre au 16 décembre en plus de la halle Victor-Hugo qui est toujours active. À partir de mardi prochain, il sera possible de prendre un rendez-vous si l’on veut éviter l’attente. Dans les communes où les taux de vaccination sont les plus faibles, une campagne de sensibilisation en partenariat avec les bourgmestres sera lancée.

La ministre de la Santé a rencontré l’ASTI, la Croix-Rouge et la Caritas pour les inciter à convaincre les réticents dans les communautés étrangères.

La nouvelle loi sera en vigueur jusqu’au 18 décembre et, d’ici là, Xavier Bettel espère bien lever toutes les mesures, à l’instar de pays comme le Danemark et le Portugal où au moins 85% de la population a été vaccinée. «C’est le prix de la liberté», conclut Xavier Bettel.

Geneviève Montaigu

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