Marine Le Pen est-elle en train de perdre sa base ?

Alors que les sondages se succèdent, Marine Le Pen voit son socle électoral s’éroder petit à petit. Elle a même dévissé dans certaines enquêtes. La candidate du Rassemblement national pour l’élection présidentielle de 2022 s’est déplacée vendredi 30 septembre sur un marché à Cavignac en Gironde, terre où elle était arrivée largement en tête en 2017. Mais sur place, ses électeurs sont partagés entre fidélité et le doute qui commence à monter.

Entre le marchand de volailles et l’apiculteur, les bras brandissent des smartphones. Marine Le Pen, en terrain conquis, s’adresse aux passants : « Je compte sur vous, lance la candidate RN, parce que là il faut aller voter aux élections présidentielles ! » Cavignac, dans le Nord-Gironde, semble loin de la dynamique économique des grands crus bordelais. Dans ce bourg, 46% des habitants ont voté Le Pen en 2017. De là à changer de bulletin en avril prochain ? « Ah non, ce n’est même pas la peine d’y penser, lance un des clients du marché, je reste comme je suis. Pour moi, il n’y a qu’elle qui correspond à ce que je pense. »

Ici, pour beaucoup, voter Marine Le Pen est une évidence, mais l’imaginer à l’Elysée beaucoup moins. « Ça va être dur de gagner, estime Vincent, un passant, parce que la tendance n’est pas forcément pour elle. » Lui et son collègue horticulteur Gérard s’inquiètent, il risque d’y avoir trop de candidats à droite. « Ça éparpille les voix, donc forcément tout le monde en a un petit peu. Il faudrait qu’il y ait un gros parti pour souder tout le monde », poursuit Vincent. 

« Ce sera difficile, c’est sûr, abonde Gérard. Peut-être qu’il faudrait quelqu’un de nouveau », imagine l’horticulteur. La nouveauté, justement, en cette rentrée, c’est Éric Zemmour, qui fait beaucoup parler de lui. Jean-Marie a sa carte au RN et il n’est pas du tout fan du presque candidat. « Je ne le sens pas, il ira trop loin, il part trop vite sur une guerre civile, ou quelque chose comme ça, et ça ce n’est pas bon », selon Jean-Marie, qui concède que le polémiste peut convaincre : « Il me fait peur et au niveau des voix, si Marine le Pen ne passe pas au deuxième tour, c’est Macron qui ramassera les voix, et c’est lui qui repassera », résume l’électeur RN.

Il y a ceux qui craignent donc le polémiste, mais aussi beaucoup d’autres, moins politisés, comme Patrick et Emeline. Le nom d’Eric Zemmour ? « Connais pas », « c’est qui, c’est un footballeur ? » s’interroge le couple. Une « agitation médiatique parisienne », a répété Marine Le Pen vendredi matin. Tentative de banaliser le polémiste, qui fait salle comble à chaque déplacement.

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