L’ITM s’invite chez ArcelorMittal | Le Quotidien

L’OGBL avait alerté de défiances au sein de l’entreprise. Déi Lénk a interrogé le ministre du Travail sur la tenue d’éventuels contrôles et leurs conséquences.

L’Inspection du travail et des mines (ITM) et les agents de la division santé au travail et de l’environnement du ministère de la Santé ont effectué, le 29 juillet dernier, un «contrôle en matière de conditions de travail, de sécurité et de santé au travail ainsi qu’en matière d’établissements classés (commodo/incommodo)» dans l’usine d’ArcelorMittal Belval et Differdange, confirme le ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Économie sociale et solidaire, Dan Kersch, en réponse à une question parlementaire de Myriam Cecchetti.

La députée de déi Lénk avait été alertée par un communiqué dans lequel l’OGBL déplorait une dégradation des conditions de travail au sein des usines d’ArcelorMittal. Le syndicat y pointait des «investissements insuffisants pour garantir le bon fonctionnement des installations et des déficits au niveau du recrutement de personnel qualifié» qui auraient causé «une dégradation de la sécurité et de la santé au travail».

Il indiquait également «constater que la situation se détériore au niveau de la maintenance sur les sites d’ArcelorMittal» au fil des réorganisations et les rationalisations. Ce que subissent ces salariés serait «symptomatique pour l’ensemble des salariés de la sidérurgie au Luxembourg», selon le syndicat qui dénonçait le 21 juillet 2021, un seizième décès au sein du groupe «le 16 juillet 2021 en France dans le cadre d’une opération de maintenance». «Jusqu’à aujourd’hui, il n’y a pas encore eu de drame au Luxembourg, mais pour combien de temps encore si rien n’est fait?», demandait le syndicat.

Des défiances constatées

La députée souhaitait, quant à elle, savoir si des sanctions ou des décisions avaient été prises à la suite de ces visites et quelles infractions ont été constatées. Elle a également demandé au ministre s’il avait eu connaissance des problèmes dénoncés par l’OGBL et s’il envisageait des interventions auprès des responsables d’ArcelorMittal pour rétablir la situation.

Des déficiences en matière de sécurité et de santé au travail ont bien été constatées, répond le ministre, ainsi qu’en matière d’établissements classés. «Il s’agissait principalement des appareils de levage de la société ArcelorMittal Belval & Differdange SA qui n’étaient pas conformes à la législation relative aux établissements classés», précise Dan Kersch. La société a été invitée à remédier à ces déficiences et à fournir les documents sociaux en matière de conditions de travail ainsi que les rapports de contrôle des organismes de contrôle agréés en matière d’établissements classés. Ces documents permettront d’établir si des mesures supplémentaires doivent être prises ou pas à l’égard de la société.

Quant aux deux dernières questions posées par la députée Myriam Cecchetti, elles resteront sans réponse. Le ministre se borne à répondre que les contrôles de l’ITM ont été renforcés sur l’ensemble des sites d’ArcelorMittal au même titre qu’auprès de toutes les autres entreprises tous secteurs économiques confondus. Dan Schank rappelle les efforts fournis depuis 2017 pour augmenter le nombre d’inspecteurs du travail et ainsi le nombre de contrôles pour veiller au respect du droit du travail et de la protection de la sécurité et de la santé au travail dans le but de garantir des conditions de travail décentes aux salariés, de combattre les inégalités salariales entre les hommes et les femmes ainsi que de lutter contre le dumping social.

Sophie Kieffer

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