défilé de talents émergents sous le pont Alexandre III

“Organiser Sur la Vague, c’est une façon pour le festival Rock en Seine de montrer qu’il ne nous a pas oublié”, estime Lucile, étudiante de 24 ans et fidèle festivalière.

Comme elle, ce jeudi 2 septembre, plusieurs centaines d’habitués font la queue devant Le Bridge, une boîte de nuit dissimulée sous le célèbre pont parisien Alexandre III. C’est dans ce lieu familier des clubbers parisiens que le Festival Rock en Seine organisait « Sur la Vague », un événement venu remplacer le festival annulé pour la deuxième année consécutive.

Si le nombre de festivaliers est loin d’être le même que pour les dernières éditions, Rock en Seine préserve tout de même un principe important : permettre la rencontre entre des artistes émergents et un public friand de nouvelles découvertes. Organisé le 2 et 3 septembre, “Sur la Vague” propose une programmation éclectique.

Pour Franceinfo Culture, nous nous sommes glissés dans le public de la première soirée. Voici les trois artistes qui nous ont tapé dans l’oeil.

Aimé Simone, ambassadeur de la post pop

Installé à Berlin depuis plusieurs années, Aimé Simone est de retour dans la capitale, berceau de ses douleurs. Il y a un an, il sortait Say Yes, Say No. Un premier album, entre ombres et lumières, pour raconter en chansons ses blessures et ses joies. Mélange de pop, de trap, d’indie rock ou encore de techno, sa musique est sans étiquette. Comme lui, elle ne veut pas entrer dans des cases.

Aimé Simone, artiste de post pop, a ouvert le festival « Sur la Vague ». (NISRINE MANAI / FRANCEINFO CULTURE)

« Je ne crois plus à ce principe de ‘genre musical’. On emprunte à tous les genres. Je dis que je fais de la post pop », nous explique le jeune homme au visage tatoué du mot « reckless ». « On dit Post, qui fait référence au post genrisme (ndlr : mouvement qui prône la suppression volontaire du concept de genre). Et pop, parce que dans mon écriture, je garde un certain classicisme, que je déguise par la suite avec des sons, des textures actuelles ».

Prévu en première partie de soirée, Aimé Simone a interprété quelques morceaux de son premier album dont l’entraînant In This Darktime. Mais le Berlinois de cœur ne s’est pas arrêté là en offrant des morceaux encore inédits. »La scène me permet de voir comment les gens réagissent et si le morceau fonctionne ». Et au vu des hochements de tête des spectateurs, il semblerait que ce soit le cas pour la totalité de son répertoire.

« Je n’appréhende jamais les concerts, je suis toujours heureux de pouvoir me produire sur scène, manifester mon univers et le partager avec le public. J’ai toujours eu énormément de plaisir à me connecter aux gens”, raconte-t-il. L’auteur-compositeur ne nous a pas menti. Après avoir fait monter la température pendant une trentaine de minutes, le voilà qui saute de la scène pour danser avec l’assistance. Un premier bain de foule parisien pour Aimé Simone qui en connaîtra probablement bien d’autres.

Regina Demina, lolita au romantisme morbide

Sur scène, une table éclairée par des lumières roses. Lascive, Regina Demina a le regard perdu vers le fond de la salle. Quelques cris d’encouragement se font entendre depuis la fosse, puis le silence. Les spectateurs s’amassent autour de la scène, comme irrésistiblement attirés. Vêtue d’un petit top torride et coiffée d’une longue queue de cheval, la jeune femme à l’allure de lolita s’apprête à livrer un show millimétré inspiré de la pole-dance. Tantôt, debout, tantôt assise, l’artiste, perchée depuis sa table, enchaîne les acrobaties avec une habilité folle.

Regina Demina, sur scène, en deuxième partie de soirée. (NISRINE MANAI / FRANCEINFO CULTURE)

Sensuelle, elle interprétera Couzin, Daydream, musique commandée par Heidi Slimane pour le défilé Céline, ou encore Nabila, du même nom que la célèbre star de  téléréalité.

Des chansons sous forme de « petits contes », dont la jeune femme d’origine russe raffole. Doux mélanges de pop, electro, techno et hyperpop, les morceaux plongent le public dans un monde merveilleux, où romantisme et morbide vont de pair. « Je n’aime pas les choses manichéennes, j’aime bien mélanger les facettes. Je me reconnais dans plusieurs courants. L’être humain est pluriel », confie-t-elle.

Lucie Antunes, la performeuse 

Pour clore cette première soirée, Sur la Vague a confié son bouquet final à Lucie Antunes, accompagnée de deux autres musiciens. Musicienne depuis ses 5 ans, Lucie Antunes propose de la « musique electronique jouée en acoustique ». « C’est un mélange hybride. Électronique parce que tout est traité, modifié, déformé. Mais la matière première provient de sons joués en temps réel », explique la multi-instrumentiste sortie du conservatoire. Jusqu’à la fin de la soirée, elle jouera des morceaux de son dernier album Sergei, nom qu’elle a attribué à son enfant intérieur.

Sur scène, le trio offre une performance impressionnante, éclaboussant de son énergie le public. Marimba, batterie : Lucie Antunes saute d’instrument en instrument, laissant certains festivaliers bouche bée. « Bravo ! » lâche l’un d’eux, « c’est magnifique ».

Lucie Antunes a fermé la première soirée de « Sur la Vague », aux côtés de deux autres musiciens. (NISRINE MANAI / FRANCEINFO CULTURE)

« Sur la Vague » de Rock en Seine se poursuit vendredi 3 septembre au soir avec November Ultra, Oracle Sisters, Lulu Van Trapp, MNNQNS

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