Charles Michel : «Nos valeurs sont notre boussole»

Le Premier ministre, Xavier Bettel, a reçu, jeudi, le président du Conseil européen, Charles Michel. Plusieurs sujets ont été évoqués.

Il y a eu du «cher Charles», et du «cher Xavier». Après Rome et Bruxelles, Charles Michel était au Grand-Duché pour une réunion de travail avec Xavier Bettel en vue de la préparation de la prochaine réunion des chefs d’États et de gouvernements de l’Union européenne en octobre, le président du Conseil européen était au Grand-Duché, jeudi, pour une réunion de travail avec le Premier ministre. Les deux hommes sont «amis» et ne s’en cachent pas. Les compliments ont d’ailleurs fusé. «De temps en temps quand j’arrive à Bruxelles, je me dis qu’on n’y arrivera pas, mais finalement tu réussis», estime Xavier Bettel en pensant notamment au plan européen de relance acté il y a quelques semaines. De son côté, Charles Michel salue «le dynamisme, l’implication et l’engagement européen» du Premier ministre.  Résultat, le Belge et le Luxembourgeois partagent des positions et opinions sur plusieurs sujets et sur l’avenir de l’Union européenne.

Au cours de la matinée, les deux hommes ont visité, dans le quartier Clausen de Luxembourg, la maison de naissance de Robert Schuman, l’un des pères fondateurs de l’Union européenne. «Un moment émouvant et inspirant», dixit Charles Michel. Dans la foulée, le président du Conseil européen a rappelé son leitmotiv : «faire évoluer le modèle de développement» de l’Union européenne. Dans ce sens, plusieurs sujets se trouvent sur la table des dirigeants européens. «La promesse de prospérité et le développement économique doivent s’accompagner de cohésion sociale, lance l’ancien Premier ministre belge. Ces dernières années ont été bousculées. Aujourd’hui, la menace climatique est bien réelle comme nous avons pu le constater lors des inondations et des incendies cet été.» Charles Michel souligne sur ce point l’importance de l’objectif de neutralité carbone en 2050 pour l’ensemble de l’Union européenne, «l’occasion de valoriser la recherche et l’innovation». Sur le sujet du climat, Xavier Bettel estime que «le temps des paroles est révolu, il faut qu’on fasse».

«Solidarité et tolérance»

Le Premier ministre a aussi estimé qu’«on ne peut pas réduire l’Europe à un marché commun, un marché financier, mais aussi comme un espace où les libertés et les droits de chacun sont garantis. L’UE est projet de solidarité et de tolérance. De valeurs, de libertés, de droits et d’État de droit, il en a aussi été question lors de la réunion de travail entre les deux hommes. «Nos valeurs sont notre boussole pour notre projet européen», clame le président du Conseil européen.

Charles Michel et Xavier Bettel ont également évoqué le dossier de l’Afghanistan. Après avoir salué la coopération avec certains États membres, fin août, pour l’évacuation pays de centaines de personnes après l’arrivée au pouvoir des talibans, Xavier Bettel affirme que «nous avons une responsabilité collective envers ceux qui sont restés là-bas et qui sont engagés pour les valeurs démocratiques et pour les droits humains comme les journalistes, les juges, les procureurs, les professeurs… On ne les oublie pas et on va les aider» avant de souligner que sur ce dossier l’UE doit agir avec ses partenaires internationaux. Le président du Conseil européen va plus loin en estimant que l’influence de l’Europe dans le monde doit être plus grande sur le thème de la géopolitique : «L’UE doit être plus efficace pour promouvoir nos valeurs de paix et d’État de droit. En mars, un Conseil européen sera dédié à la Défense et la Stratégie. Nous devons être plus solides et plus robustes en géopolitique».

Le covid-19 a également été évoqué par les deux hommes. «Le virus n’a pas disparu, il est toujours là, rappelle Xavier Bettel. Aujourd’hui, il y a assez de doses de vaccins dans l’UE. La vaccination doit donc se poursuivre.» Sur ce sujet, le Premier ministre a tenu à remercier – une nouvelle fois – le président du Conseil européen et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, pour leur soutien au plus fort de la crise et «de ne pas avoir fermé les frontières, sinon les hôpitaux luxembourgeois auraient dû fermer» car la majorité du personnel soignant des hôpitaux du Grand-Duché vient des pays voisins avant d’ajouter que «les barrières à la libre circulation des personnes sont un frein au fonctionnement de notre pays».

Enfin, Charles Michel, interrogé sur le sujet, a profité de l’occasion pour réaffirmer «la volonté européenne de renforcer la position du Luxembourg comme siège de plusieurs institutions» de l’UE avant d’aller déjeuner en compagnie de Xavier Bettel et des représentants des différentes institutions européennes présentes au Grand-Duché (sur initiative du Premier ministre).

Guillaume Chassaing

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