[Football] Un «jetlag» à 3 millions d’euros, voire plus

Tout à la joie d’être encore en course pour les poules avec un voyage aux confins de l’Asie géographique à prévoir, le Fola Esch voit poindre les soucis d’organisation et… un gros pactole.
La Chine sera à 300 kilomètres du prochain match européen à l’extérieur du Fola Esch, le 26 août, mais l’Asie est déjà dans toutes les têtes depuis le coup de sifflet final de la victoire contre Linfield, jeudi soir. «On aura 7 h 30 d’avion et un décalage horaire de 5 heures», soufflait l’un des dirigeants du club, immédiatement après le match, façon aimable de dire qu’il n’y a pas vraiment le temps de savourer quoi que ce soit. Et même urgence à tout prévoir.

Notamment un démarchage auprès de la FLF à orchestrer, une décision qui pourrait être prise dans les heures qui viennent, si ce n’est pas déjà fait. Comment envisager, en effet, de mener de front Conference League et Division nationale avec un match tous les trois jours et un voyage de cet acabit. Le Fola part du principe que la défense des intérêts nationaux vaudrait une petite entorse au calendrier, comme cela avait été autorisé en son temps pour le F91. «La rencontre entre ces deux matches européens (NDLR : le déplacement à Differdange, pour le compte de la 3e journée) au moins devrait être reportée», plaide Sébastien Grandjean, qui a pris la mesure des petits aménagements qui pourraient lui permettre de faire quelque chose de grand à l’échelle du pays. «En fait, moi, c’est surtout le match d’après, contre Rosport, qui m’inquiète», pointe encore son directeur sportif, Pascal Welter, puisque la réception du Victoria (4e j.) doit avoir lieu, pour l’heure… deux jours après le match à Almaty avec, dans l’intervalle, un voyage retour éprouvant. Par souci d’équité, et même par souci des règlements de l’UEFA, on voit difficilement comment ce match-ci pourrait avoir lieu. «Mais en fait, ce sont nos deux prochains matches qu’il faudrait reporter», synthétise Grandjean.

Un match retour à 16 h et plus de 30°

En attendant de refiler ce problème à la FLF en sachant très bien que les pontes de Mondercange auront l’air bien insensible et peu soucieux de la représentation nationale au plus haut niveau continental s’ils n’y accèdent pas, le Fola fait ses comptes. À bien des niveaux. Au thermomètre déjà : si l’aller est prévu jeudi prochain au Barthel, et qu’il conviendrait de profiter de ce que les Kazakhs auront eux aussi multiplier les «miles» dans la semaine (retour d’Erevan où ils ont affronté Alashkert, déplacement en Coupe à près de 1 000 km à Kaspiy avant de venir au Grand-Duché), le retour sera terrible : match à 16 h, par plus de 30 °C. C’est aussi pour s’acclimater que le club eschois envisage de partir dès le lundi soir, voire au pire le mardi matin, l’avant-veille de sa rencontre.

Le déplacement coûtera un rein et une large partie des 250 000 à 300 000 euros (plus 50 000 pour les déplacements forcés en charter en raison de la pandémie) de dotation de la part de l’UEFA s’évaporera en kérosène. Mais les perspectives sont fabuleuses. La Conference League a en effet beau être largement moins bien dotée que l’Europa League (moitié moins que les 465 millions à partager par les clubs engagés dans la C3), la prime à la qualification est faramineuse : 3 millions d’euros. Avec de jolis bonus lors des six matches de poules. Toute équipe gagnant une rencontre dans son groupe encaissera 500 000 euros et en prendra 166 000 pour un match nul. Si le premier du groupe empochera 650 000 supplémentaires, le second s’offrira lui 325 000 euros de surplus. Il y a là largement de quoi motiver tout le monde pour revenir du Kazakhstan avec un sésame en poche.

Julien Mollereau

 

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