« C’est une constatation que le soleil donne la même couleur aux gens »

Laurent Voulzy lors d’un concert à Liège, en Belgique, en septembre 2007. (BOUCKAERT BERTRAND / MAXPPP)

Auteur, compositeur, interprète et musicien, le 4 décembre dernier, Laurent Voulzy sortait un double album best of Florilège, contenant ses plus grands succès. L’occasion était trop belle de l’inviter à passer une semaine avec nous pour revenir sur sa carrière et ses chansons emblématiques. Aujourd’hui, il nous parle de Le soleil donne et Le pouvoir des fleurs.

franceinfo : Nous sommes en 1988 avec la chanson Le soleil donne, un véritable hymne à la fraternité, au respect des autres. Quand on voit ce qui se passe aujourd’hui, on se dit que le chemin est encore long bien sûr, mais pourquoi avez-vous écrit cette chanson ? C’était un cri d’espoir ?

Laurent Voulzy : Oui, c’est de l’espoir. C’est une constatation que le soleil donne la même couleur aux gens, aplanit un peu les choses et Belle-Ile-en-Mer Marie-Galante est un peu plus douloureuse. C’est quand même une chanson d’espoir, que ça pourrait facilement être mieux. D’ailleurs, quand Alain Souchon a fini le premier couplet, je lui ai dit, « Alain, ton couplet est parfait, je pense qu’on pourrait faire le deuxième couplet, le même mais en anglais et un autre en espagnol ». Il a été d’accord et c’est ce qu’on a fait avec aussi du portugais à la fin.

Cela montre à quel point les mélanges font du bien et que c’est aussi ce qui fait avancer. Cette chanson met beaucoup de choses en avant, et par rapport à la relation que vous avez avec Alain Souchon, est-ce qu’un jour, vous avez imaginé vous marier tous les deux ?

Mariés ? Alors la première chose, c’est que dans le mariage, il y a une union de cœur et une union physique. Alain n’est absolument pas attiré par moi physiquement et moi, je ne suis absolument pas attiré par lui non plus. On n’est pas attirés par les gens du même sexe tout en les respectant infiniment. La question ne s’est jamais posée. Alain dit donc qu’on est un couple sans sexe. Non, on n’y a jamais pensé.

Ce que je veux dire bien entendu, c’est que vous êtes tellement fusionnels… C’est comme pour un couple, sauf qu’il n’y a pas d’histoire de sexe entre vous

Oui. Il disait cette phrase : « Ma mère ne pense pas que Laurent est son fils. Et pourtant, c’est mon frère. » On se connaît depuis tellement longtemps que c’est comme si on faisait partie de la même famille. On est extrêmement différents, mais en même temps, on s’entend bien. On est comme de la même famille, comme des amis, comme des copains.

Avec Alain Souchon, on a créé quelque chose de magique qui a transformé nos vies. C’est assez dingue. Parfois, Alain m’appelle en me disant qu’on a du bol.

Laurent Voulzy

à franceinfo

En 1993, il y a Le pouvoir des fleurs. Les fleurs et leurs symboles vous touchent beaucoup. C’est un hymne à la paix, une main tendue. Il y a du jasmin, du lilas, une rose, des géraniums. C’est très poétique.

Oui. Le géranium a été une source de conflits avec Alain. Quand il écrit le mot « géranium », je lui dis que je n’aimais pas les géraniums, « tu ne peux pas mettre ‘géranium’ dans cette chanson, Alain ». « On va mettre ‘géranium’ dans cette chanson, Laurent ». « Non, tu ne peux pas mettre ‘géranium’, j’ai horreur des géraniums. « Oui, mais tu ne comprends pas que justement les géraniums, c’est ça qu’il faut mettre. » Je lui ai dit que c’était des petites fleurs qui font un peu tristes sur les petits balcons. « Justement ! »

Le pouvoir des fleurs est une idée très naïve, mais que je trouve éternelle.

Laurent Voulzy

à franceinfo

C’était la grande discussion et au final, il a encore eu gain de cause. On était en Bretagne et j’ai dit, « Alain, tu vois toutes les idéologies s’écroulent ». Je trouve que les seules choses qui comptent, c’est très naïf, mais c’est l’amour, la paix. Au fond, le dernier geste d’une personne qui quitte la terre, qui quitte la vie, ce n’est pas une idéologie, c’est une main tendue qui tient la sienne. C’est l’amour. Les idéologies nous cassent les pieds, moi, j’ai envie de faire une chanson, « baba », « Flower power ». Il m’a dit : « Il faut donc l’appeler ‘Le pouvoir des fleurs’. »

Cette chanson est très utilisée, notamment pour l’écologie. Elle parle du respect de la nature, de l’environnement. C’est là où vous avez fait très fort, vous aviez déjà une vision là-dessus.

Oui. Je pense que tous les deux, avec Alain, on a toujours été outrés par les outrances et les outrages. Cette chanson parle de l’environnement, obligatoirement de paix, d’amour, des seules choses qui comptent. On a toujours été sensible à cela.

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