avec « Jeanne », il évoque sa passion pour le Moyen Âge

(BERTRAND LANGLOIS / AFP)

Auteur, compositeur, interprète et musicien, le 4 décembre dernier, Laurent Voulzy sortait un double album Best of Florilège contenant ses plus grands succès. L’occasion était trop belle de l’inviter à passer une semaine avec nous pour revenir sur sa carrière et ses chansons emblématiques. Aujourd’hui, il nous parle de Jeanne et C’était déjà toi.  

franceinfo : Dans Florilège, on retrouve la chanson Jeanne extraite de l’album Lys and love (2011). Vous racontez un rêve dans lequel Jeanne d’Arc vous serait apparu.

Laurent Voulzy : Voilà. J’avais trouvé cette musique, mais avec des paroles que j’avais faites en anglais scolaire : « Why together we can’t do… » J’avais envie de faire le texte de cette chanson. Au même moment, on était sur un autre enregistrement et quand je sortais de studio, chez moi, j’écoutais cette musique très tard le soir au casque avec mon ordinateur. Ça tournait en boucle et je cherchais les mots. Cela a duré peut-être dix jours.

Une nuit, je me suis endormi avec la musique dans les oreilles et vers 2 heures du matin, j’ai entendu une voix qui m’a dit : « Jeanne ». Ça m’a réveillé avec une telle présence que tout de suite sur un papier, j’ai écrit : ‘Jeanne. J’ai vu ce mot, mais pas comme un prénom normal. J’ai senti qu’il y avait quelque chose à faire et de suite, je me suis dit que c’était le premier mot de la chanson que je cherchais depuis des semaines. Le voilà, ‘Jeanne’, pratiquement persuadé déjà qu’il s’agissait de Jeanne d’Arc. L’album Lys and Love était un album que je voulais inspiré, dès le départ, par le Moyen Âge.

Vous avez toujours été attiré par le Moyen Âge, par l’Histoire.

Oui. Depuis que je suis enfant. À 10 ans, d’un seul coup, j’ai découvert que j’étais passionné, attiré par le Moyen Âge notamment peut-être à cause d’un château fort que ma mère m’avait offert.

Je me suis aperçu que le château fort offert par ma mère me plaisait plus que le garage que j’avais avec mes petites voitures et donc dès que je pouvais, j’achetais des petits soldats, des éléments

Laurent Voulzy

à franceinfo

J’ai commencé à regarder et lire les livres d’Histoire. D’ailleurs, ma mère a toujours une Histoire de France des années 1880 en sept volumes magnifiques, avec des dessins qui font rêver, un peu sombres comme Gustave Doré. Je me plongeais là-dedans et en fait, j’ai lu ces sept volumes passionnants et suis revenu très vite au Moyen Âge. Instinctivement, c’est la période qui m’a attiré.

Quand on regarde bien votre vie, elle est jalonnée de coups de foudre, d’amour, de rencontres, de cœurs qui vacillent ?

Oui. Absolument. Vous avez tout à fait raison. Je n’y ai jamais vraiment pensé, mais c’est vrai. Je ne fais les choses que pour le plaisir. Ou alors les choses obligatoires parce qu’il faut les faire.

Les disques que je fais, les choix d’en faire un brésilien ou sur le Moyen Âge, ce sont toujours des coups de foudre, du plaisir. C’est toujours très sincère

Laurent Voulzy

à franceinfo

Même si vous regardez devant, est-ce qu’on ne regarde pas dans le rétro avec Florilège ? On revit des moments de vie.

Je me rappelle où chaque chanson a été faite la plupart du temps. Allez, on fait un jeu, allez-y !

C’était déjà toi issue de l’album Lys and Love.

Il n’y a rien de très spécial sauf qu’on l’a écrite à Joinville, dans mon studio d’enregistrement. Je voulais faire le texte et que ce soit une réincarnation, c’est-à-dire que je tomberais amoureux tout le temps. Je vois une femme à la gare de Waterloo et je m’aperçois que je l’ai connu dans d’autres vies. C’était le thème de la chanson. J’avance dans le texte et on se retrouve à un bal des Tudors au Moyen Âge, devant les remparts de Carcassonne.

C’est toujours la même personne, mais on n’a jamais pu vivre notre amour. À chaque fois, je la revois dans les vies successives et je ne m’en sors pas du texte. J’appelle Alain et lui dis, je vais te parler d’un truc. Il vient et il me dit : « Oui, mais ton idée, ça ne me branche pas trop l’histoire de réincarnation« . Je lui que ça peut être très beau. Ce n’est pas trop son truc, mais là-dessus, on travaille. Il se force quand même à aller dans mon sens et puis, d’un seul coup, il trouve cette idée très belle : « Celle que j’ai connu avant. C’était déjà toi« . J’ai adoré cette idée.

On se retrouve demain pour le dernier épisode avec la chanson Derrière les mots.

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