Luxembourg : de plus en plus nombreux à manger local

Les consommateurs sont unanimes à reconnaître la qualité des produits luxembourgeois, mais ils pointent aussi leur prix élevé et le manque d’informations sur l’offre existante.

Avec la crise sanitaire, trois résidents sur dix ont pris de nouvelles habitudes alimentaires qu’ils comptent bien adopter sur le long terme, selon une étude TNS Ilres dévoilée jeudi par le ministre de l’Agriculture, de la Viticulture et du Développement rural, Romain Schneider.

Une aubaine pour la production agricole nationale, puisque les consommateurs sont désormais 88 % à mettre des produits locaux régulièrement dans leur caddie : de la viande (pour 49 % d’entre eux), des légumes (41 %), des fruits (36 %), mais aussi des produits laitiers (26 %), des œufs (25 %) ou encore des boissons (10 %). C’est bien simple, la part du budget courses consacrée au made in Lëtzebuerg a augmenté dans 39 % des ménages (60 % parmi ceux qui ont choisi de changer leurs habitudes).

Un choix le plus souvent motivé par l’envie de soutenir les producteurs luxembourgeois (pour 84 % des personnes interrogées) et la qualité des denrées (pour 74 %). Le prix élevé étant, à l’inverse, cité comme la raison principale qui dissuade les ménages de consommer local. On peut noter sur ce point que, par rapport à la précédente étude réalisée en 2018, la part des ménages se disant prêts à payer plus cher pour des produits issus de l’agriculture luxembourgeoise a perdu 4 points et passe à 67 % contre 71 % il y a encore trois ans.

Des chiffres qui poussent le ministre à redoubler d’efforts en matière de promotion de ces produits auprès du grand public : «Si on ne peut pas intervenir directement sur les prix, nous pouvons agir sur la loi du marché en faisant peser la demande. Si les consommateurs réclament ces produits, les commerces suivront, et on pourra aboutir à une variété au niveau des prix comme de l’offre», explique-t-il.

Autre moyen pour y parvenir, son projet de loi, déposé en septembre 2020, qui doit instaurer un label de qualité pour les produits agricoles nationaux avec notamment, l’apposition d’un logo officiel de l’État sur l’emballage : «Ce projet est discuté en commission parlementaire pour le moment et des amendements sont prévus pour concrétiser certains points. Il y a une forte attente pour la création de cette certification qui permettra aux produits luxembourgeois de clairement se démarquer dans les rayons de la grande distribution grâce au X du nation branding», précise Romain Schneider.

Car c’est bien dans les grandes surfaces que tout se joue : 90 % des résidents y font leurs courses, loin devant les commerces de proximité (48 %), les achats directs auprès des producteurs (30 %) ou le marché (26 %). Les offres alternatives, comme les paniers de légumes bios, restant encore très marginales (4 %). Avec son label, le ministre espère permettre aux clients de faire un choix «responsable» plus facilement lors de leurs emplettes.

Où trouver les bonnes infos

Second volet de ce projet de loi, une série de six projets pilotes visant à augmenter l’utilisation de produits locaux dans la restauration collective : «C’est en cours. Dans quelques mois, on pourra tirer des conclusions de ces expériences et déterminer si on peut généraliser ce système à l’ensemble des cantines du pays. Nous verrons si la logistique est au point, si l’offre est suffisante pour combler les besoins, si le prix convient, etc. Les premiers échos qui me reviennent sont très favorables», annonce le ministre.

Enfin, d’après cette étude menée en janvier dernier, une meilleure communication pourrait sans doute faire bouger les lignes : 39 % des consommateurs se plaignent, en effet, de ne pas recevoir assez d’informations sur les produits locaux (51 % parmi les étrangers, 45 % parmi les familles avec enfants).

Et ils sont 84 % à souhaiter obtenir plus de renseignements sur les points de vente, les producteurs, la qualité ou encore les labels existants. Un levier à actionner d’urgence pour le ministère, qui prévoit d’ores et déjà d’intensifier ses campagnes de de sensibilisation et rappelle au passage que les sites d’information bio2025.lu, sou-schmaacht-letzebuerg.lu et regionalsaisonal.lu sont déjà en ligne pour remplir cette mission.

Christelle Brucker

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