Un dixième album pour Texas, « un arc-en-ciel » selon Sharleen Spiteri

La chanteuse du groupe Texas, Sharleen Spiteri, sur la scène des Eurockéennes de Belfort le 5 juin 2018 (SEBASTIEN BOZON / AFP)

Chanteuse, auteure, compositrice et musicienne britannique, Sharleen Spiteri est connue pour être la voix emblématique et unique du groupe écossais pop rock Texas. On se souvient des titres, devenus des standards : I don’t want a lover ou encore Summer son. Aujourd’hui, Texas publie un nouvel album intitulé Hi.

franceinfo : Hi est votre dixième album. 14 nouveaux titres en guise de cadeau des 30 ans du groupe. Qu’imaginiez-vous à la création de Texas ?

Sharleen Spiteri : Parfois, je me dis que c’est incroyable, j’ai l’impression d’avoir toujours 18 ans.  Je me souviens quand j’avais 17 ans et que j’écrivais I don’t want a lover, je me disais si je peux seulement écrire une chanson, dans ma vie, avant de mourir alors là, ce serait une grande réussite.

Pour moi, c’était un rêve d’être musicienne.

Sharleen Spiteri, chanteuse du groupe Texas

à franceinfo

Là, vous êtes un nouveau groupe de 30 ans. Vous êtes allés rechercher cette énergie, cette fougue que vous aviez jeune. Au début, vous pensiez ne récupérer que des bandes de titres que vous n’aviez pas enregistrés et au final, ils vous ont donné envie d’en écrire de nouveaux.

Effectivement. Universal nous avait demandé d’aller chercher dans nos archives. Ils avaient envie de faire un enregistrement pour notre anniversaire et durant ce processus, on a découvert 2, 3 chansons qui n’étaient pas terminées. Par exemple : Mr. Haze, on a pris cette chanson et on a retravaillé un chorus et puis un pont, on a rajouté un sample de Donna Summer du titre Love’s Unkind et là, on s’est dit : « Mais c’est trop bon ! » Ça me paraît être extrêmement égocentrique, mais en gros, on s’est auto-inspirés.

Que représente la musique dans votre vie ?

C’est moi. Il y a peu près dix ans, j’ai découvert que j’étais synesthésique, c’est-à-dire que je comprends les sons et les couleurs. Je ne savais même pas que c’était quelque chose qui existait de voir des couleurs autour du son. Je revois des moments que j’ai eu quand on travaillait sur un enregistrement, par exemple, un son où je disais, j’ai besoin que ce soit plus rouge, plus rose. Les gens me regardaient en me disant : « Mais de quoi parle-t-elle ? » C’est extrêmement naturel, je visualise parfaitement les choses que j’ai besoin de dire grâce à ce médium.

Et cet album, de quelle couleur est-il ?

C’est sûr que cet album est un arc-en-ciel. Il y a du jaune, du orange, des couleurs chaudes. Ça donne quelque chose de très lumineux et c’est comme ça qu’on le ressent.

On se sent très positif en écoutant ‘Hi’. Les gens viennent vers moi en me disant : ‘Cet album me rend heureux’.

Sharleen Spiteri, chanteuse du groupe Texas

à franceinfo

On sent que vous êtes très introvertie, que les émotions ne sont pas simples à formuler. On a le sentiment qu’à travers l’écriture, tout au long de cette carrière et encore plus aujourd’hui, vous avez ce besoin de les partager.

Oui en effet. Pour moi, c’est assez libérateur. Quand on est jeune on est encore très soucieux de ce que les gens pensent de nous. On n’est pas encore capable parfois de partager des choses parce qu’on n’est pas encore tout à fait au clair avec ses propres émotions. C’est vrai qu’en vieillissant, on devient un peu plus punk. Je me fiche de ce que les gens pensent, que ce soit du bon ou du mauvais, c’est une expérience et j’ai envie de la partager.

En prenant de l’âge, je découvre que j’ai envie de montrer beaucoup plus de ma personne.

Sharleen Spiteri, chanteuse du groupe Texas

à franceinfo

Quel est votre secret pour tenir dans un groupe dans lequel vous êtes la seule femme ?

On ne va pas se mentir, il y a des préjugés. L’autre jour, un journaliste m’a demandé : « Est-ce que c’est ‘dur’ ? » Et je lui ai répondu : « Vraiment, vous voulez utiliser ce mot ? » Je suis écossaise. Je suis une femme. En revanche, j’ai vendu 40 millions d’albums. J’ai presque 37 ans de carrière derrière moi. Pensez-vous que j’ai la reconnaissance que je mérite ? Si j’avais été un homme, pensez-vous que cette reconnaissance aurait été la même ? Il était un petit peu embarrassé.

Moi, j’arrive à un moment, où je regarde ma fille qui aura bientôt 19 ans. Et je lui dis toujours, on veut les mêmes opportunités. Je n’irais jamais embaucher une femme, uniquement parce que c’est une femme, il faut absolument qu’elle soit très bonne dans son travail. Il ne s’agit pas que les hommes se battent pour nous mais que les hommes se battent avec nous.

Hi n’est-il pas justement un album pour nous dire, ça y est on est de retour, on est là, on est très heureux de revenir ?

Oui, c’est comme une nouvelle présentation : « Salut, on est toujours là ! Si vous ne nous connaissiez pas, nous voilà« . C’est aussi « Soyons ivres de cette vie et profitons à nouveau de la vie pleinement ».

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