« Bouge de là » est « une chronique intemporelle », estime le rappeur MC Solaar

« Bouge de là est une chronique intemporelle », a souligné le rappeur MC Solaar vendredi 25 juin sur France Inter, à l’occasion de la mise en ligne, sur les plateformes digitales, de son titre culte, Bouge de là, sorti en 1990. « Certains titres restent […] Quand ce sont des éditos, ils restent un peu plus longtemps », a-t-il poursuivi. 

Bouge de là, c’est l’histoire d’un homme qui, partout où il va, se fait rembarrer. « C’est une sorte de victime, un gars qui a des pérégrinations dans la ville de Paris, mais en réalité, il n’a pas fait grand-chose », explique MC Solaar. « Quelquefois, c’est lui qui dit ‘Bouge de là’ aux gens, mais très régulièrement, ce sont les gens qui lui disent ‘Bouge de là’. » 

Celui que l’on surnomme parfois Claude MC se souvient du succès de ce titre. « Il est passé de ce qu’il était deux semaines avant, c’est-à-dire un titre underground, à quelque chose de populaire, qui a plu à pas mal de gens. Cela a été un des premiers succès populaires [du rap français], même la dame à la boulangerie connaissait. » 

Pour lui, la réapparition de Bouge de là n’est que le début d’un grand retour. Ses trois premiers albums vont également être réédités dans les semaines à venir. Comme si MC Solaar n’avait finalement jamais disparu. « Je me considère toujours comme un bouchon de liège, quel que soit le truc, je flotte », a-t-il ainsi déclaré. 

Depuis plusieurs années, ses albums étaient restés indisponibles en raison de tensions entre le rappeur et son ancienne maison de disques Polydor. « Ils appartenaient à deux personnes : une partie à moi, et une partie au label. Cela n’a pas été exprimé dans un jugement de séparation. On a attendu un certain nombre d’années, et puis il faut se dire que nous devons repartir ensemble, en remettant les choses au clair », explique MC Solaar.

Le premier album à revenir sur le devant de la scène sera Qui sème le vent récolte le tempo, le 9 juillet prochain. L’occasion pour cette icône des premières lueurs du rap français de faire le bilan de ce qu’il a semé, « un espace de liberté où les gens peuvent créer sans être dans une espèce de dogme du hip-hop des années 1990 », mais aussi de ce qu’il a récolté : « Souvent, à Marseille, les gens disent ‘merci la zone’, c’est-à-dire que le rap, qui vient de la zone, leur a fait découvrir plein de choses ». 

MC Solaar vante d’ailleurs les qualités de cette nouvelle génération issue de « la zone » : « Je vois souvent des jeunes extrêmement indépendants, ils arrivent à travailler en petites équipes, ils ont un rapport direct avec leur public. Ils sont autonomes, ils arrivent à faire les choses qu’ils souhaitent. »

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